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Portefeuille
Échantillons de traduction proposés: 8
français vers anglais: Manon Lescaut (Auber) Duo General field: Art / Littérature Detailed field: Musique
Texte source - français Il faut, Prudente et sage,
devenir femme de ménage. Travailler ! (s’arrêtant)
Ah! Ce dé trop étroit ne me va pas
et semble rude à mon doigt !
A ce joli doigt! Qui n’en pas l’habitude!
Et je jure, quoi que l'on fasse,
que la sagesse…
Allons voilà mon fil qui casse...
Que la sagesse... et puis l'ordre et la vertu!
Dieux! que c'est ennuyeux de coudre
et d'attacher cette vilaine jupe!
(la regardant) Vilaine! mais pas tant!
Un point me préoccupe!
Je crois que ce mon tenu de cour m'irait?
(haussant les épaules) Allons ! Il serait
trop grand
(regardant autour d’elle) Bah ! Je suis seule!... essayons !
Vous, que cette parure exquise,
peut être devait embellir
Pardon, pardon madame la marquise, !
d'oser, avant vous m'en servir
Mais, si vous l'avez commandée
comme un talisman séducteur,
En l'essayant, moi j'ai l'idée
que je lui porterai bonheur!
Eh oui! ce n'est vraiment pas mal
la belle jupe !... ah ! Quel dommage
De n'avoir pas un petit page pour la porter…
mais c'est égal! Mais c'est égal !
Traduction - anglais I must be careful and wise
If I wish to be a good wife! Oh this work! (stopping)
Ah! This tiny thimble Does not fit me
and seems so rough on my finger,
my pretty finger which has already had enough!
But I promised... it is too grave. And I swear it, whatever we do , wisdom I pursue, Oh no, look, my thread has broken through …
Pursue wisdom, and then order and then virtue!
Lord! This is such boredom, to sew and
embellish this skirt came straight from hell!
(looking at it) Yes, from hell! But alas!
One stitch has me in a spell!
Could it be, this court dress would suit me?
(shrugging shoulders) But no! It’s too big I fear!
(looking around her) Bah! Let’s try it... no one’s here!
You, who this nice dress will surely please,
Which for you will beautify
Forgive me now, Madame la Marquise
For trying it like it’s mine
But if you have ordered it to be made,
As a talisman so they will fall
If I try it, I’m not afraid
I will bring it luck after all!
Ah yes! Is it not such a shame?
This beautiful dress! Ah, what a pity
Not to see it carried by a pageboy! Oh so pretty…
it’s all the same! It’s all the same!
français vers anglais: Manon Lescaut (1856) Bourbonnaise General field: Art / Littérature Detailed field: Musique
Texte source - français Manon: C'est l'histoire amoureuse
autant que fabuleuse d'un galant fier à
Bras!
D'un tendre commissaire que l'on croyait
sévère et qui ne l'était pas
Il aimait une belle! Il en voulait,
mais elle de lui ne voulait pas
Or, voulez vous apprendre le nom
de ce Léandre, traître comme Judas!
Son nom? vous allez rire
Je m'en vais vous le dire
Bien bas... tout bas... tout bas...
Non, non, je ne le dirai pas!
La Chorale : Brava !
Durozeau : (à part) Une telle insolence
aura sa récompense
Et l’on me paiera !
Man : (bas à Marguerite) Tu le vois bien?
Mon triomphe est complet.
(regardant Durozeau) On le disait habile!
Car dans la grande ville
il est des magistrats!
Il est des réverbères vantés
pour leurs lumières
et qui n'éclairent pas!
Au logis de la belle,
un soir que sans chandelle,
il veut porter ses pas
L'escalier était sombre,
et sur son nez,
dans l'ombre, il tombe!... patatras!
Traduction - anglais Manon: Here’s a romantic story
that’s filled with so much glory, meet your galant hero!
A commissioner so kind, who we thought was
malaligned, how very wrong we were !
He loved a girl, a beauty ! He wanted her
But she, she did not want him!
Oh, I’m sure you all wonder the name
of this Leandre, this treacherous Judas!
You will giggle at his name,
I’ll tell you it all the same
Quiet…quiet…and low
No, no, I will not tell you so !
Choir : Bravo !
Durozeau : (aside) This type of insolence
will have its consequence
And I will have my pay!
Man : (quietly to Marguerite) Do you see now ? I have had my triumph .
(looking to Durozeau) He had such a clever way! In town they would always say
The judges run the show!
Well, don’t we have some streetlights praised
for their glow, shining bright,
But which don’t even work?
At the home of his dame,
a night without a flame,
he looked hard at his feet
The stairs were so very dark,
he fell in the shadows, hark !
On his nose ! Crash, crash, crash !
français vers anglais: Manon Lescaut (Auber) No.10 Air General field: Art / Littérature Detailed field: Musique
Texte source - français Manon : Plus de rêve qui m’enivre,
plus d’espoir !
Ami, c’est mourir
que vivre sans te voir.
Oui, le cœur bientôt se glace
sans amours.
Semblable au printemps
qui passe sans beaux jours !
Autour de moi que d’opulence !
Hélas ! Qu’importent à mes yeux
et ce luxe élégance,
Et ces objets si précieux ?...
(ouvrant l’écrin) Et cet écrin…
comme il scintille !
Je m’y connais peu, jeune fille ;
Mais à ces feux étincelants,
Ce sont… je crois, des diamants,
oui, oui, ce sont des diamants.
Mais qu’ici je les regarde, Ah !
Je l’essaierais en vain !
Non, non, non, que Dieu m’en garde,
J’ai pour ça trop de chagrin !
(pleurant) Oui, oui, j’ai pour ça
trop de chagrin !
Traduction - anglais Manon : No more intoxicating dreams,
no hope for me !
My friend, it’s like death,
living without you to see.
Yes, without love, the heart
will soon freeze.
Like spring passing
without a breeze!
All around me, what opulence !
Alas ! These objects so precious,
do not matter, nor this elegance
Nor this luxury so impressive
(opening the case) And this case !...
shines like a pearl !
I have no idea, just a young girl ;
But in these lights, bright and shining,
They are, I think, they are diamonds,
yes, yes, they are surely diamonds.
But let me look, let me see ! Ah!
I would try them in vain !
No, no, no, may God forsake me,
For that there is too much pain !
(crying) Yes, yes, for that
there is too much pain !
français vers anglais: La Clôche fêlée - Baudelaire General field: Art / Littérature Detailed field: Poésie et littérature
Texte source - français II est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.
Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente!
Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
II arrive souvent que sa voix affaiblie
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.
Traduction - anglais How bitter sweet on winter nights, to hear,
Close to the fire, which sputters and smokes so bright,
Distant memories slowly rise and come near
At the sound of the bells which sing in the misty night.
Blessed is the bell with its voice in rage
That still calls out, loyal without end
still strong and true despite time and age
like the old soldier who stands watch over friends!
Me, my soul is cracked and in times of strife
It tries to fill the cold night with songs of a sad life
But it fades and weakens
Like the thick death rattle of a forgotten man, hurt
At the edge of a lake of blood, under a pile of dead and dirt
And who dies, without moving, without speaking.
français vers anglais: Fillette arabe allant pour la première fois à l’école - Assia Djebar General field: Art / Littérature Detailed field: Poésie et littérature
Texte source - français Fillette arabe allant pour la première fois à l’école, un matin d’automne, mains dans la main du père.
Celui-ci, un fez sur la tête, la silhouette haute et droite dans so costume européen,
porte un cartable, il est instituteur à l’école française.
Fillette arabe dans un village du Sahel algérien
Villes ou villages aux ruelles blanches, aux maisons aveugles.
Dès le premier jour où une fillette “sort” pour apprendre l’alphabet,
les voisins prennent le regard matois de ceux qui s’apitoient, dix ou quinze ans à l’avance:
sur le père audacieux, sur le frère inconséquent.
Le malheur fondra immanquablement sur eux.
Toute vierge savante saura écrire, écrira à coup sûr “la” lettre.
Viendra l’heure pour elle où l’amour qui s’écrit est plus dangereux que l’amour séquestré.
Voilez le corps de la fille nubile.
Rendez-la invisible.
Transformez-la en être plus aveugle que l’aveugle, tuez en elle tout souvenir du dehors.
Si elle sait écrire? Le geôlier d’un corps sans mots
- et les mots écrits sont mobiles - peut finir, lui, par dormir tranquille
il lui suffira de supprimer les fenêtres, de cadenasser l’unique portail, d’élever jusqu’au ciel un mur orbe.
Si la jouvencelle écrit? Sa voix, en dépit du silence, circule. Un papier. Un chiffon froissé. Une main de servante,dans le noir. Un enfant au secret.
Le gardien devra veiller jour et nuit.
L’écrit s’envolera par le patio, sera lancé d’une terrasse.
Azur soudain trop vaste. Tout est à recommencer.
A dix sept ans, j’entre dans l’histoire d’amour à cause d’une lettre.
Un inconnu m’a écrit ; par inconscience ou par audace, il l’a fait ouvertement.
Le père, secoué d’une rage sans éclats, a déchiré devant moi la missive.
Il ne me la donne pas à lire ; il la jette au panier
Traduction - anglais Little Arab girl going to school for the first time, on an Autumn morning, hand in hand with her father.
He, a fez on his head, a tall and straight silhouette in his European suit,carries a schoolbag, he’s a teacher at the French School.
Little Arab girl in a village in Algerian Sahel.
Towns or villages of white alleyways, of blind houses.
From the first day that a little girl ‘leaves” to learn the alphabet,
neighbours wear the sly look of those who pity, ten or fifteen years too early, the audacious father, the inconsistent brother.
Misfortune will inevitably suffocate them.
Every learned virgin will know how to write, will certainly write ‘the’ letter.
The time will come for her when written love is more dangerous than sequestered love.
Veil the body of the nubile girl.
Make her invisible.
Transform her into a being more blinded than the blind, kill in her all memories of the outside
If she knows how to write?The jailor of a body without words
- and the written words are mobile - can end up sleeping peacefully:
he only will have to remove the windows, padlock the only gate, raise an orb wall to the sky.
If the whippersnapper writes? Her voice, in the disappointment of silence, circulates. A paper. A wrinkled chiffon. A servant’s hand,in the dark. A child in secret.
The guardian must keep watch day and night.
The writing, will fly away through the courtyard, will be thrown from a terrace.
Azure suddenly too vast. All is to restart.
At seventeen years old, I enter into the love story because of a letter.
A stranger wrote to me ; by ignorance or by audacity, he did it openly
The father, shaken with a rage without eruption, ripped the missive up infront of me.
He doesnt give it to me to read, he throws it in the bin.
français vers anglais: Entres les Murs by Lauren Cantent General field: Art / Littérature Detailed field: Cinéma, film, TV, théâtre
Texte source - français Souleymane : C’est de la vengeance que vous faites, là. Vous avez envie de vous venger, vous
avez le seum contre moi.
François : Mais qu’est-ce que tu crois ? Tu crois que moi, j’ai que ça à faire, de me venger de toi ? Tu crois que je me réveille le matin en disant, je vais me venger de Souleymane ?
Esmerelda : Vous dites que vous avez pas que ça à faire, mais en tout cas hier, vous l’avez
bien insulté. Eh, Souleymane, il t’a trop insulté
François : Non, pas du tout, absolument pas
Esmerelda : Il a dit quoi, Louise, déjà ? Il a dit il était quoi ?
Louise : Il a dit que t’étais « limité ». J’ai même souligné tellement ça m’a choquée
Souleymane : Quoi, moi, j’suis limité, moi ?
François : C’est bien, c’est bien. Je sais pas, Esmerelda et Louise, votre boulot de déléguées,c’est quoi, c’est d’essayer de représenter les élèves de sorte que la classe se passe le mieux possible, ou de foutre le bordel entre moi et les élèves, c’est quoi finalement le truc ?
Louise : Mais nous, on a fait juste notre rôle, hein, rien de plus !
Esmerelda : On dit ce qui s’est passé au conseil de classe.
François : Ouais, bien sûr, ouais. Je n’avais pas cette impression-là, moi. Quand je vous ai vues ricaner là, un moment pendant le conseil, moi j’ai eu un peu mal, ouais ? Ça m’a fait un peu mal pour vous
Esmerelda : Ah, bon ?
François : Et j’ai trouvé que c’était ni le lieu ni le moment de le faire. Et que c’était pas très sérieux pour tout dire, d’accord ?
Esmerelda : Ouais, ben, ça dérangeait personne en tout cas
François : Ah, mais si ! Si, si. Ah, non, non, non, non, non. Moi, ça me dérangeait, et je crois en plus pouvoir dire que ça dérangeait des autres aussi.
Esmerelda : Non, non, non. Ça dérangeait que vous
François : Si, si. Moi, je suis désolé, mais rire comme ça en plein conseil de classe, c’est ce que j’appelle une attitude de pétasses
Louise : Quoi ?
Esmerelda : Eh, mais vous pétez un câble ou quoi ?
Louise : Mais Monsieur, ça se fait pas de traiter ses élèves
François : On dit pas « traiter », on dit « insulter »
Esmerelda : Oui, ben, vous pétez un câble de nous insulter de pétasses, ou quoi ?
François : On dit « traiter de » ou on dit « insulter ». Je vous ai traitées de pétasses, ou je vous ai insultées, mais pas les deux à la fois, d’accord ?
Esmerelda : Ouais, ouais. Vas-y, garde la pêche !
François : D’ailleurs, j’ai insulté personne ici, je n’ai pas dit que vous étiez des pétasses. J’ai dit qu’à un moment donné du conseil de classe, précisément, vous avez eu une attitude de pétasses. Vous voyez la différence ou pas ?
Carl : Arrêtez d’embrouillez les gens. Vous avez dit « pétasses ». C’est tout ! C’est trop facile !
François : Je suis pas en train de vous embrouiller. Je suis en train de poser une nuance. Tu comprends ce que ça veut dire, nuance ?
Traduction - anglais Souleymane: You’re getting revenge. You want to get revenge, you’re pissed off with me.
Francois: Do you think I’ve got nothing better to do than plot my revenge on you? You think that I wake up in the morning and say: I’m going to get revenge on Souleymane?
Esmerelda: You say that you’ve got nothing better to do, but yesterday you mugged him off. Right, Souleymane, he really mugged you off.
Francois: No, not at all.
Esmerelda: What did he say Louise?
Louise: He said that you were ‘slow’. It was so out of order I wrote it down.
Souleymane: What, me, I’m slow?
Francois: Alright, alright. I don’t know what your job on the School Council actually is. Is it to represent the students of this class in the best possible way, or to screw things up between me and them?
Louise: Well we’re just doing our job okay!
Esmerelda: We say what happens at the meeting.
Francois: Yeah, sure. I didn’t get that impression myself. When I saw you giggling there, during the meeting, I felt bad for you.
Esmerelda: Oh yeah?
Francois: And I felt it wasn’t the time or the place to giggle. And that it wasn’t very appropriate, okay?
Esmerelda: Yeah, well, nobody cared.
Francois: Nope! Incorrect!. I cared, I think I can say that other people cared too.
Esmerelda: No, no no. Only you cared.
Francois: Yes, yes. Me, I’m sorry but laughing like that in plain sight in a school council meeting, is what I call a skanky attitude.
Louise: What?
Esmerelda: Hey, have you lost it or something?
Louise: But sir, you can’t slag off your students like that.
Francois: We don’t say ‘slag off’, we say ‘insult’
Esmerelda: Yeah, well, you can’t insult us like that, saying we’re skanky.
Francois: We say ‘slag off’ or we say ‘insult’. I have either slagged you off, or I have insulted you, but not both at the same time, got it?
Esmerelda: Yeah, yeah. Go on, keep yapping!
Francois: Anyway, I didn’t insult anyone here, I didn’t say that you were skanky. I said that at that precise moment in the meeting, you had a skanky attitude. There’s a difference.
Carl: Stop confusing people. You said “skanky”. That’s it! It’s simple !
Francois: I’m not trying to confuse you. I am trying to explain a nuance. Do you understand what that means, nuance?
français vers anglais: Francois Mauriac - Therese Desqueyroux General field: Art / Littérature Detailed field: Poésie et littérature
Texte source - français Combien d’heures demeurait-elle étendue, sans que la délivrât le sommeil !
Le silence d’Argelouse l’empêchait de dormir: elle préférait les nuits de vent – cette plainte indéfinie des cimes recèle une douceur humaine.
Thérèse s’abandonnait à ce bercement.
Les nuits troublées de l’équinoxe
l’endormaient mieux que les nuits calme
Aussi interminables que lui parussent les soirées, il lui arrivait pourtant de rentrer avant le crépuscule – soit qu’à sa vue une mère ait pris son enfant par la main, et l’ait ramené rudement à l’intérieur de la ferme – soit qu’un ouvrier, dont elle connaissait le nom, n’ait pas répondu à son
Bonjour.
Ah ! qu’il eût été bon de se perdre, de se noyer au plus profond d’une ville populeuse !
A Argelouse, pas un berger qui ne connût sa légende (la mort même de tante Clara lui était imputée)
Elle n’aurait osé franchir aucun seuil ; elle sortait de chez elle par une porte dérobée, évitait les maisons ; un cahot lointain de charrette suffisait pour qu’elle se jetât dans un chemin de traverse.
Elle marchait vite, avec un cœur angoissé de gibier, se couchait dans la brande pour attendre que fût passée une bicyclette. Le dimanche à la messe de Saint-Clair, elle n’éprouvait pas cette terreur et goûtait quelque relâche. L’opinion du bourg lui paraissait plus favorable
Elle ne savait pas que son père, les La Trave la peignaient sous les traits d’une victime innocente et frappée à mort :
« Nous craignons que la pauvre petite ne s’en relève pas ; elle ne veut voir personne et le médecin dit qu’il ne faut pas la contrarier. Bernard l’entoure beaucoup, mais le moral est atteint … »
Traduction - anglais How many hours she had lay there, without sleep releasing her!
The silence of Argelouse kept sleep far from hand: the windy nights suited her better - this indefinable moan of the peaks of mountains/tops of trees contained a human softness.
Therese let herself be carried away by this lulling motion. She slept better in the troubled nights of the equinox than calmer ones.Though the evenings seemed endless to her, she still returned home before dusk at times : either because a mother had taken her child by the hand and brought him roughly back inside the farm at the sight of her ; or because a worker whom she knew by name had not returned her greeting.
Ah ! If only she could become lost, drown herself in the depths of a crowded city!In Argelouse, there was not even a shepherd who didn’t know her story (even the blame for the death of Aunt Clara was put upon her).
She would not have dared to cross any threshold. She left through the back door, avoided houses;a distant jolt of a cart was enough for her to hurry into a side alley. She walked briskly, with a heart anxious as hunted prey. She lay down in the heath, waiting for a bicycle to pass.Only at Sunday mass at St Claire did she not feel this terror and finally felt some relief. The congregation’s opinion seemed more forgiving.
She didn’t know that her father, the La Traves, painted her as an innocent victim beaten to within an inch of her life :
“ We fear that the poor girl will not get over it : she wishes to see nobody and the doctor says that we must not upset her. Bernard is taking care of her of course, but her morale is suffering…”
français vers anglais: Bain de Lune - Yanick Lahens General field: Art / Littérature Detailed field: Poésie et littérature
Texte source - français Nous, les Lafleur, avions la réputation d’être inatteignables et porteurs de points* puissants, redoutables même. À des kilomètres à la ronde, beaucoup nous enviaient ce pouvoir qu’ils croyaient inouï. Sans limites. Cette solide réputation ne fit pourtant pas le poids face à l’offre insistante d’Anastase Mésidor: Bonal Lafleur fut tout de même acculé à se défaire de ses terres en grinçant des dents un matin, en présence d’un arpenteur à chapeau de laine noir et d’un notaire en costume trois-pièces gris foncé bien trop ajusté au corps. Après une lecture qui débuta par les mots « Liberté, égalité, fraternité, République d’Haïti » et se termina par « ici collationné », Anastase Mésidor, le notaire et l’arpenteur signifièrent à Bonal qu’il n’était plus propriétaire. Son pouce imbibé d’encre à peine apposé sur le papier en guise de signature, Bonal Lafleur réclama à Anastase Mésidor son dû. Il lui avait tout de même vendu, le coeur serré, la plus belle portion des terres des héritiers Lafleur […]
« Que de rejetons pour tous ces hommes ! Que de rejetons ! Dix, quinze, vingt et même davantage! » soupira Bonal. Pourtant, cette idée de rester vert jusqu’à la tombe le ragaillardit, et il eut une pensée douce et fugace pour une jeune femme-jardin* de Nan Campêche, travailleuse, caressante, aux cuisses puissantes, et qui lui avait donné deux fils.
Il sourit en passant légèrement la main sur sa barbe épaisse et accéléra le pas, comme pour courir après ces visions, malgré le pian* qui lui mangeait le talon gauche. Mais, de peur d’être roué de coups par les Marines et soumis de force à l’une de leurs redoutables corvées ou, pire, d’être abattu sans sommation pour peu qu’on le confondî t avec un des rebelles cacos*, Bonal se ravisa. La peur au ventre mais agile comme un chat sauvage, il préféra emprunter les sentiers abrupts. Cette peur à tordre les boyaux, qu’il fallait dompter, apaiser, il ne la connaissait que trop bien.
Peur acide et douloureuse. Peur qui ne desserrait jamais son étreinte. Attachée à nous comme une seconde peau. Plantée en nous comme un coeur. La peur, un coeur à elle toute seule. À cô té de celui pour aimer, partager, rire, pleurer ou se mettre en colère. Alors, aux grands chemins, Bonal choisit l’avancée en solitude. Dans les fourrés et les bayahondes*. L’avancée jusqu’à l’invisible. Là où personne ne vient nous chercher. Là où sont les ombres : dans le regard des bêtes, sous l’écorce des arbres, dans le sifflement du vent, sous les feuillages, dans la pierre sous l’humus. Il toucha la petite boursouflure sous son bras gauche et s’en alla marcher dans cette lumière étrange des sousbois. Là où il pouvait se confondre avec le souffle, la rumeur des éléments. Là où il pouvait être tout et rien à la fois. Là où Gran Bwa* veille sur ses enfants et terrasse la peur. Où il la réduit au silence. Bonal fredonna tout bas, plusieurs fois de suite, sans même s’en apercevoir :
Gran Bwa o sa w té di m nan ?
Mèt Gran Bwa koté ou yé ?
Grand Bois que m’avais-tu dit ?
Grand Bois où es-tu ?
Et avança d’un pas léger, léger...
Traduction - anglais We Lafleurs had a reputation for being untouchable: bearers of a powerful, even formidable, vodou. For miles around, people envied this power – a power they believed to be beyond comprehension, limitless. However, this sturdy reputation was no match for the insistent offer of Anastase Mésidor. One morning, while gritting his teeth, Bonal Lafleur was forced to sign his land away, under the watchful eyes of a surveyor in a black wool hat and a solicitor clad in a dark grey three-piece suit that clung unflatteringly to his frame. After a reading that began with the words “Freedom, Equality, Brotherhood: Republic of Haiti” and ended with “here recorded”, Anastase Mésidor, the solicitor, and the surveyor, made it abundantly clear: Bonal had relinquished all ownership of the property. His inksoaked thumb barely pressed onto the paper in place of a signature, Bonal Lafleur turned to Anastase Mésidor and demanded payment. After all, despite his aching heart, he had sold it: the finest portion of Lafleur land passed down from generation to generation [...].
“What a lot of children us men have! So many children! Ten, fifteen, twenty, maybe more!” Bonal sighed. And yet, the thought of remaining full of vigour and vim until his last breath soothed him somewhat.
A fleeting, gentle memory surfaced – of a young femme-jardin1 from Nan Campeche. A diligent, tender woman with strong thighs, who had given him two sons. He smiled, running a hand through his thick beard, and quickened his step, as if chasing those visions – despite the yaws gnawing at his left heel. But then he stopped. Fear took hold of him – the fear of being beaten by the Marines, forced into hard labour, or worse, executed on sight should they mistake him for a Caco rebel. Fearfully, but with the swiftness of a wildcat, he turned to the steeper, more secluded path instead. This fear – this gut-wrenching fear that had to be tamed, quieted – was all too familiar.
A painful and bitter fear. A fear that never relinquished its iron grip. A fear clinging to us like a second skin. Pumping in us like a heart. Fear: a heart of its own, beating in parallel to the one that loves, shares, laughs, cries and rages. So, rather than face the busy roads, Bonal pressed forward alone. Through the thickets, through the thorny bayahonda3 , he walked toward invisibility. There, where no one comes looking. There, where shadows dwell, in the eyes of the beasts, beneath peeling bark, in the whisper of the wind, under the tree canopy, in the stone beneath the soil. He touched the small swelling beneath his left arm and stepped deeper into the strange glow of the undergrowth. There, he could lose himself in the breath and the murmur of the elements. There, he could be everything and nothing all at once. There, where Gran Bwa watches over his children and strips fear of its power. There, where fear is reduced to silence. Without realizing, Bonal began to sing softly, over and over:
Gran Bwa o sa w té di m nan?
Mèt Gran Bwa koté ou yé?
Gran Bwa, what did you tell me?
Where are you Gran Bwa?
And he stepped forward... lightly, lighter still.
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Études de traduction
Master's degree - The University of Edinburgh
Expérience
Inscrit à ProZ.com : Jul 2025. Devenu membre en : Jun 2026.
I am a recent graduate from The University of Edinburgh with a Masters degree in Translation Studies (translating from French into English). I received a first class mark on dissertation: a translation of and commentary on Auber's 1856 opera Manon Lescaut.