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français vers portugais: L'inutilité, l'injustice suprême General field: Sciences sociales Detailed field: Économie
Texte source - français L'inutilité, injustice suprême
Paysans sans terre du Brésil, précaires d'Europe, habitants des bidonvilles
de Bombay, chômeurs, malades, réfugiés : notre époque a engendré une figure
tragique: «l'homme inutile», aussi bien aux autres qu'à ses propres yeux.
D
> Pierre-Noël Giraud
Professeur d'économie a Mines
PansTech et a l'université Pans-IX,
il est l'auteur de L'Homme mutile
Du bon usage de l'économie,
Odile Jacob, 2015
e Xi Jinping à Barack Obama,
les gouvernements, relayés
par le FMI et l'OCDE, s'alarment
désormais des inégalités
et prônent des croissances plus
«inclusives». La théorie du «ruissellement
» a vécu, tout comme, avant elle,
celle de lequilibre naturellement stable
des marchés financiers On redécouvre
l'ampleur des imperfections de marchés.
L'enrichissement des plus riches ne suffit
pas à sortir les plus pauvres de leurs
trappes de pauvrete, tandis que les inégalités
de revenus, qui se creusent partout,
nuisent à la sacro-sainte «croissance
» (par sous-consommation),
mettent en danger la stabilité financiere
(par endettement excessif) et même
entravent la mobilite sociale, I innova
lion et la sauvegarde de la planete'
Réduire les inégalités devient ainsi la
priorité officielle des gouvernements.
Reste à la mettre en oeuvre.
Superflus, ignorés, exclus
On pourrait commencer par s'interroger,
puisque les formes des inégalités sont
en réalité tres diverses, sur celles qu'il
conviendrait de réduire en priorité, celles
qui sont les plus «injustes». Ceci engage
nécessairement la définition de ce que
serait une societe « minimalement juste »
sur le plan économique, une réflexion
dans laquelle se sont illustres John Rawls
et Amart>a Sen, parmi bien d'autres A
mes yeux, la forme d'inégalité la plus
injuste est «l'inutilité» C'est l'existence
d'hommes et de femmes, de plus en plus
nombreux, qui sont nés ou sont devenus
mutiles aux autres et à eux-mêmes. Or,
nous a dit Rene Descaites: «C'est proprement
ne valoir rien que de n'être utile
Date : JAN 16
Périodicité : Mensuel
OJD : 31142
Page de l'article : p.30-31
Journaliste : Pierre-Noël Giraud
Page 2/2
Tous droits réservés à l'éditeur JACOB2 7892736400505
fl personne» (Discours de la methode) Ils
ne sont même pas surexploites, ils sont
superflus, inexploitables, surnuméraires,
ignores, rejetes, exclus et souvent hais
Aujourd'hui, les damnes de la Terre ne
sont plus les colonises et les surexploites,
ce sont les hommes et les femmes mu
ales Contrairement aux colonises et aux
prolétaires dont on avait fort besoin, les
autres peuvent tres bien s'en passer De la
a songer aux moyens de s en débarrasser,
il n y a qu'un petit pas
Qui sont-ils7 Dans les pays riches, les
chômeurs de longue duree et toutes
celles et ceux qui ne se présentent même
pas sur le marche du travail ou en ont ete
expulses trop tôt Ils survivent d'assistance
publique ou familiale Maîs aussi
tous ceux, que l'on appelle aux Etats Unis
des « working poors », qui enchaînent
de «petits boulots» intermittents ne
leur permettant en aucune façon de
progresser Ils parviennent difficile
ment a survivre par eux mêmes et ne
demandent ainsi rien aux autres, maîs
sont enfermes dans des trappes sans
espoir d'en sortir Ils sont des dizaines
de millions dans I OCDE Dans les pays
émergents et pauvres, ce sont les paysans
qui n'ont pas assez de terre et qui survivent
misérablement en quasi autarcie
Ce sont les habitants des bidonvilles qui
ne parviennent pas a survivre de petits
boulots dans le secteur informel et dont
un capital naturel tres degrade (eau
insalubre, fumées des foyers confines)
détruit la sante Eux aussi dépendent de
formes d'assistance familiale Ils sont
des centaines de millions Dans les pays
riches comme dans les plus pauvres, ce
qu'ils ont en commun, ce qui les carac
tense, c'est qu'ils sont enfermes dans des
trappes, pris dans des nasses dont ils ne
peuvent sortir malgre tous leurs efforts
Quand on est tombe dans l'inutilité, on
n'a en effet généralement acces a rien de
ce qui vous permettrait d'en sortir un
peu de credit, de formation, une bonne
sante, un minimum de relations
Adoptons le critere de justice econo
mique d'A Sen, qui en substance pose
que chacun doit avoir, tout au long de
sa vie, un minimum de «capacites», qui
sont des «libertés substantielles» Ce
minimum inclut I) la capacite d'accès a
une nourriture et aux soins qui procurent
au moins l'espérance de vie moyenne du
pays ou l'on vit et 2) la capacite, si on le
souhaite, de progresser pour obtenir la
vie «que l'on a raison de vouloir avoir»,
dit A Sen, ce qui suppose la liberte poli
tique, une formation initiale suffisante
et la capacite de I améliorer sans cesse,
et de maniere plus generale des capacites
«d'accès» au capital naturel et aux
autres Selon ce critere, il est clair que
l'ouverture des trappes d'inutilité, ou
précisément les gens restent enfermes
parce qu'ils n'ont pas le minimum de
«capacites» qui leur permettraient d'en
sortir par eux-mêmes, doit devenir la
priorité premiere de toute politique eco
nomique Et tout programme visant a
éradiquer l'inutilité devrait recueillir un
tres large consensus
Dessiner les grandes lignes de politiques
d'eradication de l'inutilité passe par
l'analyse de ses causes Les tensions
locales avec le capital naturel, que le
changement climatique va aggraver,
sont une des causes importantes d mu
tilite dans les pays pauvres et émergents
La globalisation des firmes, qui met en
concurrence implacable les territoires
du monde entier pour la localisation des
emplois que j'appelle < nomades», en est
une autre cause Les fluctuations economiques
engendrées par des krachs de la
finance de marche augmentent encore
le nombre d hommes tombant dans
I inutilité
Dans les soutes
des secteurs sédentaires
Tenons-nous en ici a la cause d'mutihte
qu'est la globalisation des firmes
Grâce a Internet et au container, la glo
bahsation des firmes a fait éclater les
chaînes de valeur des biens et services
Les firmes globales en localisent les
chaînons ou bon leur semble Au sem
de chaque territoire, on trouve donc
des emplois nomades, en compétition
avec d'autres emplois nomades dans le
monde entier, et des emplois sédentaires
Ces derniers ne sont en compétition que
localement et fournissent des biens et
services sédentaires a eux-mêmes et aux
nomades, qui soit les utilisent comme
moyens de production locaux de biens
nomades, soit les consomment Quant
aux hommes inutiles, ils apparaissent
«dans les soutes» des secteurs seden
taires Ils résultent de ce que les secteurs
sédentaires ne parviennent pas a les
employer A cela, deux types de causes
I) les nomades du territoire ne sont ni
assez nombreux ni assez riches et par
conséquent, la demande qu'ils adressent
aux sédentaires est trop faible, 2) les
biens et services sédentaires proposes
sont si peu attrayants que les détenteurs
d'emplois nomades se tournent vers des
biens nomades substituts Pour passer
une bonne soiree on peut en effet acheter
une pizza surgelée et regarder en VOD
un hlm d'Hollywood sur un ordinateur
Lenovo, ou aller dîner au bar a vm d a
côte, puis au theâtre avec des amis
La globalisation des firmes a engendre
une tres inégale repartition dans
le monde des emplois nomades sous
I effet de puissantes imperfections de
marche II y en a trop en Chine, dont la
croissance est excessivement tirée par
les exportations et pas assez par son
marche interieur, il n y en a dramati
quement pas assez en Afrique, tandis
que les Etats Unis et l'Europe en ont
trop perdus pour eviter une augmen
talion des inégalités de revenus entre
emplois nomades et sédentaires ainsi
que du nombre d'hommes inutiles Pour
corriger ces exces, deux impératifs se
présentent aujourd'hui d'une part, aug
menier le nombre d'emplois nomades
sur le territoire, d autre part, rendre plus
innovants, attractifs et moins chers les
biens et services sédentaires •
PlEME «OIL
GIRAUD
LHomme
INUTILE
POUR ALLER PLUS LOIN
• L'HOMME INUTILE
Du bon usage de I economie
Pierre Noel Giraud
Odile Jacob 2015
Une version plus longue de cet article est publiée
sur notre site, www scienceshumames com
Traduction - portugais A inutilidade, suprema injustiça
Autor: Pierre – Noël Giraud, professor de Economia da Ecole de Mines ParisTech e da Universidade de Dauphine, é o autor de “O homem inútil. Da correta utilização da Economia” (Odile Jacob 2015).
Trabalhadores sem terra do Brasil, pessoas em condições precárias da Europa, habitantes das favelas em Bombaim, desempregados, doentes, refugiados: nossos tempos provocaram a aparição de uma figura trágica: o homem inútil, tanto para os outros como para si mesmo.
Artigo publicado na revista mensal “Sciences Humaines” – (França, páginas 30 – 31) – janeiro 2016
De XI Jinping a Barack Obama, os governos, secundados pelo FMI e a OCDE, agora se preocupam com as desigualdades e pregam crescimentos mais inclusivos. A teoria do “escoamento” tornou-se obsoleta, da mesma maneira como outrora foi o caso do equilíbrio naturalmente estável dos mercados financeiros. Redescobre-se a amplitude das imperfeiçoes de mercados. O enriquecimento dos mais ricos não é suficiente para retirar os mais pobres de seus alçapões, ao passo que as desigualdades de salários, que se acentuam em todos os lugares, prejudicam o sacrossanto “crescimento” (pelo subconsumo), colocam em perigo a estabilidade financeira (por causa do excessivo endividamento) e até entravam a mobilidade social, a inovação e, sobretudo, a salvaguarda do planeta! Reduzir as desigualdades, então, torna-se a prioridade oficial dos governos. Continua, entretanto, a questão da sua implementação.
Supérfluos, ignorados, excluídos
Poderia se começar por perguntar, visto que, em realidade, as formas de desigualdades são muito diversas, quais são as que convém reduzir prioritariamente as que são as mais “injustas”. Isto necessariamente supõe a definição do que seria uma “sociedade minimamente justa” sob o plano econômico e trata-se de uma reflexão na qual ilustraram-se John Rawls e Amartya Sen, entre muitos outros. Do meu ponto de vista, a forma mais injusta de desigualdade é a “inutilidade”. É a existência de homens e de mulheres, cada vez mais numerosos, que nasceram ou tornaram-se inúteis aos outros e a eles mesmos. Como nos disse René Descartes: “Não se vale propriamente nada, quando se é inútil a qualquer pessoa” (Discurso do método). Eles não são nem superexplorados, eles são supérfluos, inexploráveis, supranumerários, ignorados, rejeitados, excluídos e, muitas vezes, odiados. Hoje, os malditos da Terra não são mais os colonizados e os superexplorados, são os homens e as mulheres inúteis. Ao contrário dos colonizados e dos proletários, de quem muito se precisava, aqueles são perfeitamente dispensáveis. A partir daí imaginar as formas de se livrar deles é só um pequeno passo.
Quem são eles? Nos países ricos, são os desempregados de longa data e todos aqueles e aquelas que nem se apresentam ao mercado de trabalho ou dele foram expulsos cedo demais. Eles sobrevivem da assistência pública ou familiar. Mas também são todos aqueles que nos Estados Unidos são chamados de “working poors”, efetuando trabalhos ocasionais e mal pagos, sem poder progredir de qualquer maneira. Eles dificilmente sobrevivem pelos seus próprios meios e não pedem nada aos outros, mas são aprisionados em alçapões, com ausência de esperança de um dia sair deles. São dezenas de milhões no espaço da OCDE. Nos países emergentes e subdesenvolvidos, são os trabalhadores e agricultores que não possuem terra suficiente e que, miseravelmente, sobrevivem em quase autossuficiência. São os habitantes das favelas que não conseguem sobreviver dos trabalhos ocasionais do mercado informal e cujo capital natural muito degradado (agua salobra, fumaças em espaços confinados) destrói a saúde. Eles também dependem de formas de assistência familiar. São centenas de milhões. Nos países ricos como nos mais pobres, o que eles têm em comum, o que os identifica, é que eles estão confinados em armadilhas, apanhados em armações das quais, apesar dos esforços, eles não podem se desvencilhar. Quando se cai na inutilidade, geralmente não se tem acesso a nada que permitiria desfazer-se do impasse: um pouco de crédito, uma saúde boa, um mínimo de relações.
Adotemos o critério de justiça econômica de A. Sen, que substancialmente coloca que cada um deve ter, ao longo da sua vida, um mínimo de capacidades que são as “liberdades substanciais”. Este mínimo inclui: 1) capacidade de acesso a uma nutrição e aos cuidados que asseguram pelo menos uma esperança média de vida no país onde se vive; 2) capacidade, se desejada, de progredir para obter a vida “que se tem razão de querer viver”, diz A. Sen, e que supõe liberdade política, ensino suficiente e capacidade de melhorá-lo sem cessar, e, de maneira mais geral, as seguintes capacidades de acesso: ao capital natural e aos outros. Segundo este critério, está claro que a abertura das armadilhas de inutilidade, onde as pessoas precisamente ficam trancadas porque elas não possuem o mínimo de “capacidades” que lhes permitiriam de se libertarem por si próprias, deve se tornar a prioridade numero 1 de toda política econômica. E todo e qualquer programa visando erradicar a inutilidade deveria ser objeto de um amplo consenso.
Delinear as grandes linhas das políticas de erradicação da inutilidade passa pela análise das causas. As tensões locais com o capital natural, que a mudança climática vai agravar, são uma das importantes causas de inutilidade nos países pobres e emergentes. A globalização das empresas - que, para a localização dos empregos que eu chamo de “nômades”, colocam em concorrência implacável os territórios do mundo inteiro - é outra causa. As flutuações econômicas provocadas pelos colapsos da finança de mercado aumentam ainda o número de pessoas vítimas da inutilidade.
Nos porões dos setores sedentários
Concentremo-nos aqui à causa da inutilidade que é a mundialização das empresas. Graças à Internet e ao contêiner, a mundialização das empresas rompeu as cadeias de valor dos bens e serviços. As empresas globais localizam seus elos onde bem quiserem. Em cada território, então, encontram-se empregos nômades, em concorrência com outros empregos nômades do mundo inteiro, e empregos sedentários. Os sedentários encontram-se localmente em competição e eles fornecem bens e serviços a eles mesmos e aos nômades, que ou os utilizam como meios de produção locais de bens nômades ou os consomem. Quanto aos homens inúteis, eles aparecem “nos porões” dos setores sedentários. Eles são o resultado do que os setores sedentários não conseguem empregar. Para isso, dois tipos de causas: 1) os nômades do território não são suficientemente numerosos nem ricos, e, em consequência, a demanda formulada aos sedentários é muito fraca, 2) os bens e serviços sedentários propostos são tão pouco atraentes que os titulares de empregos nômades se dirigem aos bens nômades de substituição. Para passar uma noite agradável, a gente pode comprar uma pizza congelada e ver um filme de Hollywood on demand utilizando um computador Lenovo, ou ir jantar no restaurante vizinho e depois ir ao teatro com amigos.
A mundialização das empresas provocou no mundo uma repartição muito desigual dos empregos nômades por causa de poderosas imperfeições de mercado. Existem muitos desses empregos na China, cujo crescimento é puxado em excesso pelas exportações, em detrimento do mercado interior. Dramaticamente, eles quase não existem na África, enquanto que os Estados Unidos e a Europa os perderam em excesso, a fim de evitar um aumento das desigualdades de rendimentos entre os empregos nômades e sedentários, bem como do número de homens inúteis. Para corrigir esses excedentes, dois imperativos hoje se apresentam: de um lado, aumentar o número de empregos nômades no território e, de outro lado, tornar os bens e serviços sedentários mais atraentes, mais baratos e inová-los.
Saiba mais
L’HOMME INUTILE – Du bon usage de l’économie
Pierre-Noël Giraud
Odile Jacob, 2015
Uma versão mais longa deste artigo está publicada no site: www.scienceshumaines.com
Tradução: Martina Grasel Maigret
portugais vers français: World Food Program - Brasil - Projeto Algodão 2018 General field: Sciences Detailed field: Environnement et écologie
Texte source - portugais Programa de Parceira Brasil/PMA para a Promoção da Cooperação Sul-Sul
Alternativas de escoamento dos subprodutos do algodão e
culturas acessórias na África
Brasília, junho de 2017.
2
Identificação do Projeto
Título do Projeto: Alternativas de escoamento dos subprodutos do algodão e culturas acessórias
na África
Países: 4 países produtores de algodão na África
Vigência: de 1º de outubro de 2017 a 30 de setembro de 2021 (48 meses)
Fonte de Recursos: Governo brasileiro
Custo Estimado:
Governo brasileiro
Contrapartida do Instituto Brasileiro do Algodão
(IBA)
Total do Projeto
Instituição Coordenadora
Governo brasileiro, por meio da Agência Brasileira de Cooperação do Ministério das Relações
Exteriores (ABC/MRE).
Instituição Implementadora
Centro de Excelência contra a Fome do Programa Mundial de Alimentos (PMA)
João Almino
Diretor da Agência Brasileira de
Cooperação ABC/MRE
Brasília, _____ de ________________ de 2017.
Haroldo Rodrigues da Cunha
Presidente Executivo do Instituto
Brasileiro do Algodão
Brasília, _____ de ________________ de 2017.
Daniel Silva Balaban
Diretor do Centro de Excelência Contra a
Fome do Programa Mundial de Alimentos
Brasília, _____ de ________________ de 2017.
Resumo Executivo:
O presente projeto tem como objetivo, por meio da cooperação Sul-Sul, apoiar pequenos
produtores de algodão e instituições públicas no escoamento da produção dos subprodutos do
algodão (óleo, torta, etc.) e de produtos advindos da produção consorciada de algodão (milho,
sorgo, feijão etc.) com vistas a contribuir para o aumento de renda dos pequenos produtores e
para sua segurança alimentar e nutricional. As ações de cooperação com os países africanos serão
definidas a partir de três grandes eixos estratégicos. O projeto irá atuar de forma complementar
3
a outras iniciativas de cooperação Sul-Sul conduzidas pelo governo brasileiro no setor cotonicultor
na África como, por exemplo, os projetos Cotton-4 + Togo, Cotton Victoria e Cotton Shire
Zambeze. Especificamente, o projeto atuará em três grandes eixos: 1) Capacitação e apoio a
pequenos produtores de algodão na produção e comercialização dos subprodutos do algodão e
na comercialização das culturas consorciadas do algodão em mercados públicos e privados; 2)
Sensibilização e apoio técnico a órgãos públicos nos países parceiros responsáveis por agricultura
e compras institucionais com vistas a aumentar o uso dos subprodutos do algodão e das culturas
consorciadas em programas governamentais; 3) Promoção de intercâmbio regional sobre os
temas de interesse no âmbito do projeto.
4
GLOSSÁRIO
ABC/MRE Agência Brasileira de Cooperação do Ministério das Relações Exteriores
AIEA Agência Internacional de Energia Atômica
CONAB Companhia Nacional de Abastecimento
DFID Departamento para o Desenvolvimento Internacional
EMBRAPA Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária
EMATER Empresa de Assistência Técnica e Extensão Rural
FAO Organização das Nações Unidas para Alimentação e Agricultura
FNDE Fundo Nacional de Desenvolvimento da Educação
IBA Instituto Brasileiro do Algodão
MAPA Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento
MDS Ministério do Desenvolvimento Social
MOU Memorando de Entendimento
MRE Ministério das Relações Exteriores
ONU Organização das Nações Unidas
PAA Programa de Aquisição de Alimentos
PAA-Africa Purchase from Africans for Africa
PDDE Programa Dinheiro Direto na Escola
PMA Programa Mundial de Alimentos
PNAE Programa Nacional de Alimentação Escolar
P4P Purchase for Progress
PRONAF Programa Nacional de Fortalecimento da Agricultura Familiar
SEAD Secretaria Especial de Agricultura Familiar e do Desenvolvimento Agrário
da Casa Civil
UFOB Universidade Federal do Oeste da Bahia
UA União Africana
5
Índice
1. ANTECEDENTES E JUSTIFICATIVA ........................................................................................ 7
1.1 Marco Legal ................................................................................................................. 7
1.2 Contexto ...................................................................................................................... 8
1.2.1 Cooperação Sul-Sul .............................................................................................. 8
1.2.2 Produção de algodão na África .......................................................................... 12
1.2.3 Escopo da Cooperação ...................................................................................... 15
i. Algodão como ferramenta de Segurança Alimentar e Nutricional ............. 16
ii. Relevância para os programas de segurança alimentar e nutricional na África
22
1.3 Problema específico .................................................................................................. 23
1.4 Beneficiários .............................................................................................................. 24
2. COOPERAÇÃO TÉCNICA A SER COMPARTILHADA .............................................................. 25
2.1 Experiência Brasileira ................................................................................................ 25
2.1.1 Compras institucionais da agricultura familiar .................................................. 25
2.1.2 Assistência técnica, extensão rural e universitária ............................................ 27
2.1.3 Programa Nacional de Alimentação Escolar ...................................................... 28
2.2 Contribuição do Programa Mundial de Alimentos .................................................... 29
3. ESTRATÉGIA DE IMPLEMENTAÇÃO ....................................................................................... 32
3.1 Resultados esperados................................................................................................ 32
3.2 Identificação dos países produtores de algodão interessados em aderir à iniciativa 33
3.3 Elaboração dos projetos-país .................................................................................... 33
3.4 Implementação dos projetos-país e atividades de cooperação técnica Sul-Sul em uma ou
mais áreas pré-estabelecidas ............................................................................................ 35
6
3.Sistematização das experiências desenvolvidas no projeto ......................................... 36
4. MATRIZ LÓGICA .................................................................................................................... 37
5. PRESSUPOSTOS E ANÁLISE DE RISCO .................................................................................... 41
6. GERENCIAMENTO DO PROJETO ............................................................................................ 42
6.1 Gerenciamento ......................................................................................................... 42
6.2 Comitê Gestor ........................................................................................................... 42
6.3 Papéis e responsabilidades das partes ...................................................................... 42
6.4 Arranjos financeiros e cronograma de desembolsos ................................................ 45
7. MONITORAMENTO E AVALIAÇÃO ..................................................................................... 46
8. SUSTENTABILIDADE ........................................................................................................... 47
9. CRONOGRAMA ..................................................................................................................... 48
7
1. ANTECEDENTES E JUSTIFICATIVA
1.1 Marco Legal
1. Acordo Básico de Assistência Técnica com a Organização das Nações Unidas, suas
agências especializadas e a Agência Internacional de Energia Atômica (Rio de Janeiro, 29 de
dezembro de 1964);
2. Acordo Básico entre a República Federativa do Brasil e a Organização das Nações
Unidas para a Agricultura e a Alimentação (FAO) e o Programa Mundial de Alimentos relativo à
assistência alimentar (Brasília, fevereiro de 1987), e as alterações a esse acordo realizadas por
meio de trocas de cartas entre as Partes (Brasília, 9 de janeiro de 2008 e 6 de fevereiro de 2008);
3. Acordo de Assistência Técnica entre a República Federativa do Brasil e o Programa
Mundial de Alimentos das Nações Unidas, em conformidade com o Acordo Básico entre a
República Federativa do Brasil e as Nações Unidas, os seus Organismos Especializados e a AIEA,
para Promover os Programas de Alimentação Escolar (Roma, 15 de setembro de 2010);
4. Documento de Programa de Execução ou Programa de Execução para a promoção
da cooperação Sul-Sul de apoio ao Desenvolvimento Sustentável de Alimentação Escolar
celebrado entre o Governo brasileiro e o Programa Mundial de Alimentos (PMA) (29 de outubro
de 2010);
5. Protocolo de Intenções firmado entre o Instituto Brasileiro do Algodão (IBA) e o
Ministério das Relações Exteriores (MRE);
6. Memorando de Entendimento relativo ao Contencioso do Algodão (WT/DS267),
assinado pelo Ministério das Relações Exteriores (MRE), pelo Ministério da Agricultura, Pecuária e
Abastecimento (MAPA) e pelo Governo dos Estados Unidos da América (Washington, 1º de
outubro de 2014), sucessor do Memorando de Entendimento entre o Governo dos Estados Unidos
da América e o Governo da República Federativa do Brasil sobre um Fundo de Assistência Técnica
e Fortalecimento da Capacitação Relativo ao Contencioso do Algodão (WT/DS267) na Organização
Mundial do Comércio, assinado pelo Ministério das Relações Exteriores e o Instituto Brasileiro do
Algodão (Brasília, 20 de abril de 2010) e o Acordo-Quadro para Solução Mutuamente Acordada
para o Contencioso do Algodão (WT/DS267) na Organização Mundial do Comércio, assinado em
8
25 de junho de 2010., Seção IV, Artigo 2. Para fins de implementação desse projeto, serão
consideradas as seguintes alíneas:
“As atividades de assistência técnica e capacitação consistirão em:
c. Compra e uso de bens de capital;
d. Promoção do uso do algodão;
(...)
g. Treinamento e instrução de trabalhadores e empregadores;
h. Serviços de informação de mercado
(...)
l. Serviços de extensão relacionados às alíneas a a k acima.”
1.2 Contexto
1.2.1 Cooperação Sul-Sul
A cooperação técnica entre países em desenvolvimento, ou cooperação técnica Sul-Sul,
constitui um instrumento de política externa e um mecanismo auxiliar de promoção do
desenvolvimento socioeconômico dos países cooperantes. De fato, essa cooperação promove o
adensamento das relações políticas, econômicas e comerciais entre os países e enseja a
compartilhar conhecimentos e técnicas, em caráter não comercial. Para o Brasil, representa o
esforço brasileiro para aprimorar e compartilhar políticas em uma perspectiva de horizontalidade,
de aprendizagens recíprocas e, sobretudo, de compreensão da realidade social e de respeito à
soberania dos países parceiros.
Os avanços econômicos e sociais alcançados pelo Brasil, aliados a um maior protagonismo
de sua política externa, acarretaram a crescente visibilidade do país no cenário internacional
desde o início do novo milênio. No âmbito da cooperação internacional, as políticas sociais
brasileiras despertaram interesse de outros países em desenvolvimento, que passaram a
demandar cada vez mais o auxílio da cooperação brasileira na elaboração de programas
semelhantes para combater a fome e a miséria, entre outros temas. A partir de uma perspectiva
de cooperação para o desenvolvimento Sul-Sul Bilateral e Trilateral, pautada pela horizontalidade
das relações entre países, o Brasil assumiu maiores compromissos com países latino-americanos
e africanos em áreas como proteção e inclusão social, educação, saúde e agricultura. De acordo
9
com os relatórios oficiais da cooperação brasileira para o desenvolvimento internacional1, entre
2005 e 2010 os gastos do Governo federal nessa área passaram de R$384,2 milhões para R$1,6
bilhão ao ano.
Com vistas a potencializar a cooperação técnica Sul-Sul com países em desenvolvimento,
o Governo brasileiro, por meio da Agência Brasileira de Cooperação do Ministério das Relações
Exteriores (ABC/MRE), estabeleceu parcerias com organizações do sistema da Organização das
Nações Unidas (ONU). A parceria com o Programa Mundial de Alimentos teve início em 2007, com
o objetivo de apoiar o desenvolvimento de capacidades no âmbito dos programas de alimentação
escolar sustentáveis nos países em desenvolvimento da África, da Ásia e da América Latina e
Caribe. O estabelecimento da parceria permitiu aumentar os meios para que esses países possam,
a partir das trocas de experiências com o Brasil e com a expertise do PMA, desenvolver, aprimorar
e/ou consolidar os programas nacionais de alimentação escolar e outros programas de proteção
social, com ênfase em segurança alimentar e nutricional.
Em seguida, em 2011, o Governo brasileiro e o PMA firmaram parceria para o
estabelecimento do Centro de Excelência contra a Fome, um espaço global de promoção da
cooperação Sul-Sul para facilitar a disseminação de melhores práticas brasileiras em alimentação
escolar. Com sede em Brasília, o Centro de Excelência disponibiliza assistência a governos na
África, na Ásia e na América Latina nas áreas de alimentação escolar, nutrição e segurança
alimentar e nutricional, apoiando a criação e a implementação de uma nova geração de programas
de alimentação escolar sustentáveis e fomentando as capacidades nacionais para
desenvolvimento de programas que atendem às necessidades nutricionais das populações-alvo.
Busca servir como plataforma global de conhecimentos sobre alimentação e nutrição, com vistas
a garantir a segurança alimentar e nutricional, além de contribuir para a divulgação de boas
práticas e lições aprendidas nessas áreas, de modo a fortalecer as capacidades nacionais com
soluções sustentáveis.
1 SEA/PR; IPEA; MRE; ABC. Cooperação brasileira para o desenvolvimento internacional. Brasília: IPEA, 2013, 126 f.
http://www.ipea.gov.br/agencia/images/stories/PDFs/livros/livros/livro_cooperacao_brasileira_ed02a.pdf.
Acessado em 23 mar 2016.
10
O Centro de Excelência contra a Fome constitui um foro único para a promoção de
cooperação Sul-Sul, ao reunir a ampla experiência do PMA no combate à fome às políticas sociais
brasileiras, que apresentaram resultados importantes na redução da miséria e fome em um breve
espaço de tempo.
O exemplo brasileiro de promoção de segurança alimentar e nutricional reflete-se,
igualmente, no forte engajamento do país em diversos foros internacionais sobre o tema. Em
2013, o país sediou o Global Child Nutrition Forum, um evento mundialmente reconhecido,
voltado para a discussão de iniciativas para a promoção da nutrição infantil, que tem
recentemente debatido os programas brasileiros nessa área. Igualmente, o Brasil sediou em 2016
o evento Nutrition for Growth, que reuniu governos e sociedade civil de vários países para firmar
compromissos voltados para nutrição no mundo.
As políticas sociais brasileiras têm influenciado, portanto, o debate internacional na área
de segurança alimentar e nutricional, assim como têm incentivado maior cooperação
internacional entre países. A difusão do Programa Nacional de Alimentação Escolar (PNAE) do
Brasil como um programa importante para a redução da desnutrição infantil, além da criação de
um mercado institucional para os agricultores familiares, tem despertado interesse de vários
governos, impulsionando tanto as políticas nacionais quanto a cooperação entre países na área.
Juntamente com a ABC/MRE, o Centro de Excelência contra a Fome tem apoiado, desde
sua criação, a vinda de representantes de países em desenvolvimento ao Brasil para visitas de
estudo e intercâmbio sobre o PNAE e outras políticas de proteção social desenvolvidas pelo
Governo brasileiro. À exceção de Haiti, Bangladesh e Laos, os países priorizados (23 no total) ao
abrigo do Programa de Execução Brasil/PMA para a promoção da Cooperação Sul-Sul de Apoio ao
Desenvolvimento de Programas Sustentáveis de Alimentação Escolar situam-se no continente
africano. Após intercâmbio inicial promovido por meio de visitas de estudo ao Brasil de delegações
desses países prioritários, segue-se assistência técnica, por meio do envio de consultores para
auxiliar na elaboração ou melhoria de políticas, programas ou arranjos de implementação das
iniciativas governamentais, conforme as prioridades e demandas de cada país.
Traduction - français Programme de Partenariat Brésil/PAM pour la Promotion de la Coopération Sud-Sud
Alternatives pour l’écoulement des sous-produits du coton et de ses cultures associées en Afrique
Brasília, juin 2017.
Identification du Projet
Titre du projet : Alternatives pour l’écoulement des sous-produits du coton et de ses cultures associées en Afrique
Pays : 4 pays producteurs de coton en Afrique
Durée : du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2021 (48 mois)
Bailleur de Ressources : Le Gouvernement Brésilien
Coût estimé :
Gouvernement brésilien
Contrepartie de l’Institut Brésilien du Coton (IBA)
Projet - total
Institution Coordinatrice
Gouvernement brésilien, à travers l’Agence Brésilienne de Coopération du Ministère de Relations Extérieures (ABC/MRE).
Institution en charge de la mise en œuvre
Centre d’Excellence contre la Faim du Programme Alimentaire Mondial (PAM)
João Almino
Directeur de l’Agence Brésilienne de Coopération (ABC/MRE)
Brasília, le _____ ________________ 2017.
Haroldo Rodrigues da Cunha
Directeur général de l’Institut Brésilien du Coton
Brasília, le _____ ________________ 2017.
Daniel Silva Balaban
Directeur Centre d’Excellence contre la Faim du Programme Alimentaire Mondial
Brasília, le _____ ________________ 2017.
Résumé analytique :
Le présent projet a pour objectif, à travers la coopération Sud – Sud, d’appuyer les petits producteurs de coton et les institutions publiques dans l’écoulement de la production des sous-produits du coton (huile, tourteau, etc.) et des produits provenant de la production associée au coton (maïs, sorgho, haricot, etc.), afin de contribuer à l’augmentation de revenus des petits producteurs ainsi qu’à leur sécurité alimentaire et nutritionnelle. Les actions de coopération avec les pays africains seront définies à partir de trois grands axes stratégiques. Le projet agira de façon complémentaire à d’autres initiatives de coopération Sud-Sud conduites par le gouvernement brésilien dans le secteur de la culture cotonnière en Afrique, par exemple, les projets Cotton-4 + Togo, Cotton Victoria et Cotton Shire Zambèze. Le projet interviendra sur trois grands axes, spécifiquement : 1) formation et appui aux petits producteurs de coton pour la production et la commercialisation des sous-produits du coton et pour la commercialisation des cultures associées au coton auprès des marchés publics et privés ; 2) sensibilisation et assistance technique aux organismes publics des pays partenaires, en charge de l’agriculture et des achats institutionnels, pour augmenter l’utilisation des sous-produits du coton et des cultures associées dans des programmes gouvernementaux ; 3) promotion des échanges au niveau régional sur les thèmes pertinents dans le cadre du projet.
ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS
ABC/MRE
Agence brésilienne de coopération du Ministère des Relations Extérieures
AIEA
Agence internationale de l’énergie atomique
CONAB
Compagnie nationale d’approvisionnement
DFID
Département pour le développement international
EMBRAPA
Entreprise brésilienne de recherche agricole
EMATER
Service d’assistance technique et de vulgarisation rurale et agricole
FAO
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FNDE
Fonds national de développement de l’éducation
IBA
Institut brésilien du coton
MAPA
Ministère de l’agriculture, de l’élevage et des approvisionnements
MDS
Ministère du développement social
MOU
Mémorandum d’entente
MRE
Ministère des Relations Extérieures
ONU
Organisation des Nations Unies
PAA
Programme d’acquisition d’aliments
PAA-Africa
Purchase from Africans for Africa
PDDE
Programme de transfert monétaire en nature pour l’école
PAM
Programme Alimentaire Mondial
PNAE
Programme national d’alimentation scolaire
P4P
Purchase for Progress
PRONAF
Programme national de renforcement de l’agriculture familiale
SEAD
Secrétariat spécial pour les petits agriculteurs et le développement agraire du Cabinet de la Présidence
UFOB
Université Fédérale de l’Ouest de Bahia
UA
Union Africaine
Table des matières
1. INTRODUCTION 7
1.1 Cadre juridique 7
1.2 Contexte 8
1.2.1 Coopération Sud-Sud 8
1.2.2 Production de coton en Afrique 13
1.2.3 Visée de la coopération 16
1.3 Dimension spécifique 24
1.4 Bénéficiaires 26
2. COOPÉRATION TECHNIQUE À PARTAGER 26
2.1 Expérience brésilienne 26
2.1.1 Achats institutionnels au service de l’agriculture familiale 27
2.1.2 Assistance technique, extension rurale et universitaire 29
2.1.3 Le Programme National d’Alimentation Scolaire 30
2.2 La contribution du Programme mondial d’aliments 31
3. STRATÉGIE DE MISE EN ŒUVRE 34
3.1 Résultats attendus 34
3.2 Identification des pays producteurs de coton désireux de se joindre à l’initiative 35
3.3 Élaboration des projets-pays 36
3.4 Mise en œuvre des projets-pays et des activités de coopération Sud-Sud pour une ou plusieurs zones prédéfinies 37
3.5 La systématisation des expériences développées dans le projet 39
4. LA MATRICE LOGIQUE DU PROJET 40
5. HYPOTHÈSES ET ÉVALUATION DES RISQUES 45
6. LA GESTION DU PROJET 46
6.1 La gestion 46
6.2 Comité de Gestion du Projet 46
6.3 Les rôles et les responsabilités des parties 46
6.4 Les accords de financement et l’échéancier de décaissement 49
7. CONTRÔLE ET ÉVALUATION 50
8. PÉRENNITÉ DU PROJET 51
9. ÉCHÉANCIER 52
1.INTRODUCTION
1.1 Cadre juridique
1.L’Accord-cadre d’assistance technique avec l’Organisation des Nations Unies, ses agences spécialisées et l’Agence internationale d’énergie atomique (Rio de Janeiro, le 29 décembre 1964) ;
2.L’Accord-cadre entre la République fédérative du Brésil et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) sur l’assistance alimentaire (Brasilia, février 1987) et les modifications apportées à cet accord à travers la correspondance entre les Parties (Brasilia, le 9 janvier 2008 et le 6 février 2008);
3.L’Accord d’Assistance technique entre la République fédérative du Brésil et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, en conformité avec l’Accord-cadre entre la République fédérative du Brésil et les Nations Unies, ses Organismes spécialisés et l’AIEA, pour promouvoir les programmes d’alimentation scolaire (Rome, le 15 septembre 2010) ;
4.Le Document du Programme d’exécution ou Programme d’Exécution pour la promotion de la coopération Sud-Sud d’appui au Développement Durable d’Alimentation Scolaire signé entre le Gouvernement brésilien et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) (le 29 octobre 2010) ;
5.Le Protocole d’intention signé entre l’Institut brésilien du Coton (IBA) et le Ministère des Relations Extérieures (MRE) ;
6.Le Mémorandum d’entente concernant le Contentieux du Coton (WT/DS267), ratifié par le Ministère des Relations Extérieures (MRE), par le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et des approvisionnements (MAPA) et par le Gouvernement des États-Unis d’Amérique (Washington, le 1er octobre 2014), succédant au Mémorandum d’entente entre le Gouvernement des États-Unis d’Amérique et le Gouvernement de la république fédérative du Brésil sur un Fonds d’Assistance Technique et de Renforcement de Compétences lié au Contentieux du Coton (WT/DS267) de l’Organisation Internationale du Commerce, ratifié par le Ministère des Relations Extérieures et l’Institut Brésilien du Coton (Brasilia, le 20 avril 2010) et l’Accord-cadre pour la solution mutuellement consentie pour le Contentieux du coton (WT/DS267) à l’Organisation Internationale du Commerce, ratifié le 25 juin 2010, section IV, article 2. Pour la mise en œuvre de ce projet, seront pris en compte les alinéas suivants :
“Les activités d’assistance technique et de qualification comprendront :
c. Des achats et l’utilisation de biens de capital ;
d. De la promotion pour l’utilisation du coton
(...)
g.De la formation et de l’éducation des travailleurs et employeurs ;
h.Des services d’information sur le marché
(...)
i.Des services d’extension en rapport aux alinéas a à k ci-dessus.”
1.2 Contexte
1.2.1 Coopération Sud-Sud
La coopération technique entre les pays en développement, ou coopération Sud-Sud, constitue un instrument de politique extérieure et un dispositif auxiliaire de promotion du développement socio économique des pays coopérants. En réalité, cette coopération promeut la croissance des relations politiques, économiques et commerciales entre les pays et donne l’opportunité de partager des connaissances et des techniques, en dehors du cadre commercial. Concernant le Brésil, elle représente l’effort brésilien pour affiner et partager des politiques dans une perspective horizontale, d’apprentissages réciproques et surtout de compréhension de la réalité sociale et du respect de la souveraineté des pays partenaires.
Les avancées économiques et sociales obtenues par le Brésil, associées à un rôle accru de sa politique extérieure, ont entrainé la visibilité croissante du pays sur la scène internationale depuis le début du nouveau millénaire. Dans le cadre de la coopération internationale, les politiques sociales brésiliennes ont suscité l’intérêt d’autres pays en développement, qui pour leur part ont demandé davantage l’aide de la coopération brésilienne pour l’élaboration de programmes similaires de combat de la famine et de la pauvreté, entre autres thèmes. À partir d’une perspective de coopération pour le développement Sud-Sud, Bilatérale et Trilatérale, réglée par l’horizontalité des relations entre pays, le Brésil a pris des engagements plus conséquents avec des pays latino-américains et africains, dans des secteurs comme la protection et l’insertion sociale, l’éducation, la santé et l’agriculture. Selon les rapports officiels de la coopération brésilienne pour le développement international[1], entre 2005 et 2010, les dépenses du Gouvernement fédéral dans ce domaine sont passées de 384,2 millions à 1,6 milliard de réais par an.
Afin d’intensifier la coopération technique Sud-Sud avec des pays en développement, le Gouvernement brésilien, à travers l’Agence brésilienne de coopération du Ministère des Relations Extérieures (ABC/MRE), a établi des partenariats avec des organisations des Nations Unies (ONU). Le partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a débuté en 2007, avec l’objectif d’appuyer le développement de compétences dans le cadre des programmes d’alimentation scolaire durable dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine – Caraïbes en développement. La création du partenariat a permis d’augmenter les moyens pour que ces pays puissent, à partir des échanges d’expérience avec le Brésil et l’expertise du PAM, développer, perfectionner et/ou consolider les programmes nationaux de protection sociale, en mettant l’accent sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Ensuite, en 2011, le Gouvernement brésilien et le PAM ont conclu un partenariat pour la création du Centre d’Excellence contre la Faim, un espace global de promotion de la coopération Sud-Sud afin d’encourager les meilleures pratiques brésiliennes d’alimentation scolaire. Basé à Brasília, le Centre d’Excellence met à disposition des gouvernements en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, une assistance aux secteurs d’alimentation scolaire, de la nutrition et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En appuyant la création et la mise en œuvre d’une nouvelle génération de programmes d’alimentation scolaire durable et en promouvant les compétences nationales pour le développement de programmes qui répondent aux besoins nutritionnels des populations cible. Il cherche à servir de plateforme globale de connaissances sur l’alimentation et la nutrition, tout en contribuant à la diffusion des bonnes pratiques et des leçons apprises dans ces secteurs, de sorte à renforcer les compétences nationales dans le domaine des solutions durables.
Le Centre d’Excellence contre la Faim constitue un forum exclusif pour la promotion de la coopération Sud-Sud, en intégrant l’expérience étendue du PAM dans le combat contre la faim aux politiques sociales brésiliennes. Celles-ci ont présenté d’importants résultats pour la réduction de la misère et de la famine dans un court espace de temps.
L’exemple brésilien de promotion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle se reflète en outre par la forte participation du pays à plusieurs forums internationaux sur ce thème. En 2013, le pays a accueilli le Global Child Nutrition Forum, une manifestation reconnue mondialement, tournée vers le débat sur les initiatives de promotion de la nutrition infantile. Elle s’est récemment penchée sur les programmes brésiliens du secteur. En 2016 le Brésil a aussi organisé l’évènement Nutrition for Growth, ayant réuni des gouvernements et des acteurs de la société civile, afin de conclure des engagements tournés vers la nutrition dans le monde.
Les politiques sociales brésiliennes ont donc influencé le débat international dans le secteur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tout comme elles interviennent pour une plus grande coopération entre les pays. La diffusion du Programme National d’Alimentation Scolaire (PNAE) du Brésil, en tant que programme majeur pour la réduction de la malnutrition infantile, en plus de la création d’un marché institutionnel pour les petits agriculteurs, a éveillé l’intérêt de plusieurs gouvernements, stimulant tant les politiques nationales que la coopération entre les pays pour ce secteur.
Conjointement avec l’ABC/MRE, le Centre d’Excellence contre la Faim a appuyé depuis sa création, la venue au Brésil de représentants des pays en développement pour des visites d’étude et d’échanges sur le PNAE et d’autres politiques de protection sociale développées par le Gouvernement brésilien. À l’exception d’Haïti, du Bangladesh et du Laos, les pays déclarés prioritaires (23 au total) dans le cadre du Programme d’exécution Brésil (Programa de Execução Brasil) / PAM pour la promotion de la coopération Sud-Sud d’Appui au Développement de Programmes Durables d’Alimentation Scolaire (Apoio ao Desenvolvimento de Programas Sustentáveis de Alimentação Escolar), se situent sur le continent africain. À la suite des échanges initiaux menés au travers des visites d’étude des délégations de ces pays au Brésil, se déroule l’assistance technique, via la mise à disposition de consultants pour accompagner l’élaboration ou le perfectionnement de politiques, de programmes ou d’organisations d’initiatives gouvernementales, selon les priorités et demandes de chaque pays.
Grâce à l’appui donné à travers la coopération Sud-Sud, divers pays ont avancé pour l’adoption ou le développement de leurs programmes nationaux d’alimentation scolaire, et d’autres mesures de protection sociale qui encouragent le combat contre la famine et le développement social des pays. L’engagement des pays africains sur ce thème s’est traduit par la Déclaration de Johannesburg pour l’Alimentation Scolaire, établie en 2014, réitérant la nécessité de pourvoir à une augmentation progressive des enveloppes budgétaires nationales pour l’alimentation scolaire des pays. Un autre exemple a été la création du Réseau Africain d’Alimentation Scolaire en 2015, composé de 21 pays, ayant pour but le partage d’expériences dans le développement de programmes nationaux d’alimentation scolaire.
Cette avancée dans l’adoption et le développement de programmes nationaux d’alimentation scolaire, peut, de plus, être démontrée par la recommandation de l’Union Africaine (UA) qui, lors de la réunion tenue en janvier 2016, a conseillé aux pays du continent africain de définir les programmes d’alimentation scolaire comme une priorité pour stimuler l’achat de la production locale, en particulier issue de l’agriculture familiale (home-grown school feeding). Cela permet de promouvoir l’écoulement de la production locale en même temps que l’on garantit du revenu aux producteurs à travers la création d’un marché institutionnel sur lequel leurs produits pourront être commercialisés. L’Union Africaine :
[L’Union Africaine] “Reconnait l’immense valeur des programmes d’alimentation scolaire avec des achats locaux afin d’améliorer l’assiduité et la performance des enfants dans les écoles, et pour donner une impulsion à la génération de revenus et d’entrepreneuriat dans les communautés locales.”
(UNION AFRICAINE, déclaration du 26ème Sommet de Chefs d’État, 2016.)
Les technologies brésiliennes dans l’agriculture ont également fait l’objet de coopération entre le Gouvernement brésilien et les pays africains, ce sous la Direction de l’Entreprise Brésilienne de Recherche Agricole, EMBRAPA. Le Programme d’appui au développement du secteur cotonnier des Pays du Cotton-4 (le Bénin, le Burkina Faso, le Tchad et le Mali et plus récemment, le Togo) promeut le partage des expériences réussies du Brésil dans la cotonculture des pays africains à travers des tests fondés sur les techniques brésiliennes de cette culture, toujours développés par l’EMBRAPA. Des technologies telles que le système de plantation directe, de nutrition des plantes et de gestion phytotechnique du coton et des cultures associées ont aussi été étudiées dans les pays africains, et sont en train d’être adoptées par des producteurs locaux.
Au Kenya, au Burundi, le Gouvernement brésilien est en train de développer “Cotton Victoria”, en partenariat avec l’Université Fédérale de Lavras. Le projet est destiné à élargir les capacités institutionnelles et la formation des personnels nationaux pour l’utilisation et la diffusion de technologies de production de coton dans les petites propriétés, et des acteurs de la filière des semences (chercheurs, techniciens ruraux et principaux producteurs agricoles). Une autre initiative de la coopération brésilienne dans ce secteur, est le projet Cotton Shire Zambèze, dont l’objectif est d’élargir la compétence institutionnelle et celle des personnels au Malawi et au Mozambique, en matière d’utilisation et de diffusion de technologies de production cotonnière dans des petites propriétés.
Le Brésil développe, en partenariat avec l’OIT, des projets dans le secteur du coton, avec des pays en développement d’Amérique Latine et d’Afrique ayant pour objectifs de contribuer à la promotion du travail décent au sein de la filière productrice du coton. Ceci a lieu en systématisant, en partageant et en adaptant les expériences brésiliennes de suppression du travail des enfants et du travail forcé, l’insertion dans la production et la promotion de l’emploi des jeunes dans le secteur de la production cotonnière.
À présent, le Brésil donne une nouvelle impulsion à la coopération Sud-Sud dans le secteur de la cotonculture, résultat du Contentieux du coton à l’OMC et des accords scellés avec le Gouvernement des États Unis d’Amérique, précédemment mentionnés (section Cadre légal). Conformément aux objectifs fixés par le Mémorandum d’entente en rapport avec le Contentieux du Coton (WT/DS267), et afin d’intensifier la coopération Sud-Sud, le Brésil recherche, à travers l’ABC/MRE, des partenaires tels que le Centre d’Excellence contre la Faim, pour réussir les défis auxquels les pays africains sont confrontés en rapport avec le renforcement de la filière du coton. Par les échanges d’expérience et le partage de bonnes pratiques, le Brésil cherche à appuyer les pays africains dans le développement de solutions aux défis spécifiques du contexte particulier de la production de coton sur le continent, et détaillés ci-après.
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[1] SEA/PR; IPEA; MRE; ABC. Cooperação brasileira para o desenvolvimento internacional. Brasília: IPEA, 2013, 126 f. http://www.ipea.gov.br/agencia/images/stories/PDFs/livros/livros/livro_cooperacao_brasileira_ed02a.pdf. Consulté le 23 mar 2016.
français vers portugais: Entrevista com Professor Yuval Noah Harari - Jornal Les Echos - 20/12/2024 General field: Affaires / Finance Detailed field: Gouvernement / politique
Texte source - français Yuval Noah Harari : « Musk a soutenu Trump pour dominer l'IA »
L'historien Yuval Noah Harari livre aux « Echos » son analyse historique et philosophique de l'intelligence artificielle, ses bénéfices possibles mais surtout les défis qu'elle pose en termes de régulation, d'information et pour la démocratie. Un enjeu qu'il juge « existentiel ».
Yuval Noah Harari, historien et professeur d'histoire à l'université hébraïque de Jérusalem, est l'auteur du best-seller international « Sapiens ». (Olivier Middendorp)
Par David Barroux, Christine Kerdellant, Christophe Jakubyszyn
Journal Les Echos
Publié le 20 déc. 2024 à 06:30 Mis à jour le 20 déc. 2024 à 06:33
Renommé pour ses réflexions sur l'évolution de l'humanité (« Sapiens »), l'historien Yuval Noah Harari, de passage à Paris pour présenter son dernier ouvrage, « Nexus », livre un récit historique de la façon dont les révolutions de l'information ont transformé nos sociétés « de la Bible aux intelligences artificielles [IA] ». Selon lui, l'IA constitue une rupture technologique fondamentale pour notre espèce.
L'intelligence artificielle (IA) est-elle une innovation comme les autres ou est-elle d'une nature différente ?
Si vous regardez l'histoire de la science vous devez admettre que l'IA est différente car il ne s'agit pas d'un outil mais d'un agent, doté d'un but. Toutes les innovations précédentes étaient des outils placés entre les mains d'êtres humains. On a eu des lunettes pour mieux voir, des fusées pour aller dans l'espace, des bombes pour faire la guerre… Autant de choses dont l'utilisation dépendait de nos prises de décisions.
On peut utiliser la technologie nucléaire pour produire de l'électricité bon marché ou pour déclencher une guerre atomique qui tuera des millions de personnes. Avec l'IA, c'est la machine qui décide, la machine qui peut avoir de nouvelles idées, en fonction du but que vous lui avez donné. Cela change tout. Avec l'IA nous sommes face à une question d'ordre philosophique.
Dans le passé, l'humanité a souvent craint l'innovation, mais elle a réussi à la dominer…
Oui mais même les innovations précédentes n'ont pas toujours été parfaitement maîtrisées. Le processus d'innovation est désordonné et complexe, l'apprentissage de son utilisation, pas toujours bien géré. Prenez la révolution industrielle. Certes nous maîtrisions les trains, les ondes radio, l'électricité… Mais tous les Etats n'ont pas géré de la même façon ces révolutions.
Plusieurs pays européens pensaient que la seule façon de développer l'industrie était de bâtir un empire colonial afin de disposer des matières premières en grande quantité. D'autres Etats ont pensé que la seule manière de bâtir une société industrielle était le communisme ou le fascisme, en tout cas des régimes totalitaires.
Vous ne croyez plus que l'IA pourrait contribuer à rendre l'homme plus heureux ?
L'IA a toujours un potentiel extraordinairement positif, on ne chercherait pas à la développer si elle n'avait que des effets néfastes ! Prenez la santé. Dans beaucoup de pays, il n'y a pas assez de médecins, il faut des mois pour obtenir un rendez-vous.
Des IA médecins pourraient contribuer à résoudre le problème, d'autant qu'elles sont meilleures que les médecins humains dans certains domaines : elles ne dorment jamais, elles ne prennent jamais de vacances, elles peuvent lire absolument tous les articles médicaux qui paraissent…
L'IA est à 99 % bénéfique pour l'humanité. Mais le 1 % qui reste peut nous détruire…
Avec la conjonction de l'humain et de l'IA, on pourrait avoir le meilleur système médical qui ait jamais existé. En matière d'éducation, c'est la même chose : vous pourriez avoir une IA tuteur pour chaque enfant… Les bénéfices potentiels sont infinis.
Donc vous ne croyez pas qu'il faille arrêter ?
L'IA, c'est un peu comme une chaîne à laquelle vous seriez accroché. Elle peut être constituée de dizaines de maillons extrêmement solides, il suffit qu'un maillon soit défectueux pour qu'il y ait rupture et que vous perdiez la vie. L'IA est à 99 % bénéfique pour l'humanité. Mais le 1 % qui reste peut nous détruire…
L'Europe a-t-elle raison de chercher à réguler l'IA ?
On ne peut réguler qu'un secteur dans lequel on pèse. Si vous ne participez pas à la course, vous n'avez pas de pouvoir car vos décisions n'ont aucun poids sur ceux qui comptent. Si les îles Tonga décidaient de réguler l'IA, qui se sentirait concerné ? C'est à ceux qui mènent la course de réguler. On l'a bien vu dans les réseaux sociaux, qui, à l'exception de TikTok, sont tous américains. Pour qu'ils soient encadrés de façon efficace, il faut que les Etats-Unis se préoccupent de la question. L'important est que celui qui fait la course en tête exerce une forme de responsabilité.
C'est pour cela que vous estimez qu'il faudrait faire une pause dans le développement de l'IA ?
C'est malheureusement irréaliste de penser qu'une pause est possible. Surtout depuis l'élection d'un Donald Trump aux Etats-Unis, qui semble prêt à donner le contrôle des questions liées à l'IA à Elon Musk. Ce dernier avait signé l'an dernier une pétition demandant que l'on ralentisse le développement de l'IA, mais c'est parce qu'à l'époque il était en retard et cherchait à ralentir ses concurrents.
Maintenant qu'il est devant et qu'il peut influencer les décisions du président des Etats-Unis, toute chance de régulation globale a disparu. Nous sommes dans une course à l'IA et Elon Musk n'a plus l'intention de ralentir.
Quel est l'objectif de la nouvelle équipe de Trump en matière d'IA ?
Je ne connais pas ses visées, si elle en a. Ce qui est sûr, c'est qu'Elon Musk en fait partie parce qu'il veut être celui qui décidera de l'avenir de l'IA. Il a aidé Trump à conquérir les électeurs et, en échange, Trump va lui donner le contrôle sur des dossiers cruciaux : le plus crucial est celui de l'IA. Les décisions les plus importantes que cette administration aura à prendre ne concernent pas le contrôle des armes, l'émigration ou l'avortement, mais l'IA. C'est existentiel.
Elon Musk espère être celui qui décidera. Il va laisser Trump jouer avec les attributs du pouvoir et monopoliser l'attention générale, tandis qu'il sera « l'adulte dans la pièce » qui prend les décisions essentielles. C'est un gros pari parce que chacun des deux hommes possède un ego surdimensionné et qu'ils vont devoir cohabiter pendant quatre ans.
Musk a soutenu Trump pour dominer l'IA mais pourra-t-il vraiment manipuler Trump dans la durée ? Je crois qu'il le sous-estime. Il se croit plus intelligent que lui. Mais Trump est un bien meilleur politique.
Ne croyez-vous pas que l'objectif final de Musk, c'est d'aller sur Mars, surtout si une IA prend le contrôle de la Terre ?
Si l'IA prend le contrôle de la Terre, elle prendra le contrôle de Mars aussi. Le jour où il y aura une colonie sur Mars, elle dépendra entièrement de la Terre. Coloniser une autre planète ne suffira pas à sauver l'humanité. Pour Elon Musk, la question est bien « qui contrôle l'IA sur Terre ? »
Le risque, c'est donc que les Etats-Unis ne voient pas l'intérêt de réguler l'IA ?
Penser que la régulation est toujours mauvaise pour l'innovation ou pour l'activité économique n'a pas de sens. La vraie question, c'est plus de trouver la bonne régulation. Dans de nombreux cas, la régulation peut même favoriser l'essor d'une activité. Les consommateurs ne veulent pas de produits qui ne soient pas sûrs.
Quel serait le marché automobile si on pouvait commercialiser des voitures sans frein ? Quelle serait la demande si on pouvait vendre des médicaments dangereux ? On l'a bien vu pendant la pandémie de Covid. Les vaccins développés en Europe et aux Etats-Unis, dans des zones dans lesquelles un encadrement existe, ont été bien plus demandés que ceux fabriqués en Russie, qui inspiraient bien moins confiance.
Mais quelle serait la bonne régulation pour l'IA ?
Il faut déjà que ceux qui font la course en tête, la Chine et les Etats-Unis, se posent cette question. C'est chez eux que vont se développer les principaux acteurs de cette industrie. La base, c'est de partir sur des principes de régulations relativement simples. Le premier est que les entreprises d'IA doivent être tenues pour responsables des actions de leurs algorithmes. C'est le cas dans toutes les industries.
Si la voiture, l'avion ou le médicament que vous vendez ne sont pas sûrs, vous êtes responsable. Si par votre faute des gens sont tués dans des accidents causés par des défauts de conception ou de fabrication, votre responsabilité industrielle est engagée. Vous payez des amendes et vous pouvez aller en prison. Dans la high-tech certains voudraient pouvoir fuir ce principe de responsabilité. On ne voit pas au nom de quoi ?
Les fabricants d'armes à feu disent bien qu'ils ne sont pas responsables de leur utilisation ?
Dans le cas d'un pistolet, il faut encore qu'un humain appuie sur la gâchette. Dans le cas d'une IA, elle peut prendre des décisions de façon autonome. L'algorithme prend des décisions qui peuvent avoir des conséquences négatives. On n'est pas dans le même cas de figure.
Quelle serait la seconde règle facile à mettre en œuvre ?
Il faut interdire que les IA puissent se faire passer pour des humains. On doit avoir le droit de savoir quand on parle à une IA, un humain contrefait. Les IA peuvent se mêler à nos conversations mais pas en cherchant à se faire passer pour des êtres humains. Un journaliste peut utiliser de l'IA pour écrire un article. Il peut publier un article écrit en grande partie grâce à ChatGPT, mais il faut que dans ce cas il en accepte la responsabilité. On peut utiliser l'IA, pas se cacher derrière.
Pourquoi est-ce important dans le domaine de l'information de savoir si une IA est impliquée ?
Les gens n'en ont pas forcément conscience mais il faut faire une distinction entre les contenus de divertissement et l'information. Regarder une chaîne d'information ou un blockbuster d'Hollywood, ce n'est pas la même chose. Ce qui est vrai, c'est que la frontière entre les deux est en train de s'estomper.
Avec l'IA, nous avons un outil bien plus puissant pour manipuler l'opinion et pour surveiller les gens à grande échelle.
Une des pires tendances actuelles est celle qui cherche à nous faire croire que les gens se moquent de la vérité. C'est une vue très cynique de l'humanité. Le pouvoir et la puissance ne sont pas tout, la recherche de la vérité est aussi un besoin fondamental. Seuls les psychopathes se moquent de la vérité. Les autres humains ont besoin de savoir pour comprendre pourquoi ils sont heureux ou malheureux.
On voit quand même des hommes politiques qui semblent se moquer de la vérité remporter des élections !
Je ne pense pas que l'on puisse dire que les Américains qui votent pour Trump se moquent de la vérité. En Europe comme aux Etats-Unis, il ne faut pas diaboliser certains électeurs en les faisant passer pour des adversaires de la vérité. Je pense qu'ils se préoccupent de la vérité mais, pendant des années, on les a nourris avec des informations biaisées. Et si vous communiquez de mauvaises informations même à de bonnes personnes, ils finissent par prendre de mauvaises décisions. Il existe cependant une tentation chez certains de manipuler la vérité pour conquérir le pouvoir.
C'est pour cela que l'IA pourrait être un outil qui, mal utilisé, serait dangereux pour la démocratie ?
On ne réagit pas par rapport à la réalité mais par rapport à notre perception de la réalité. De tout temps, des mouvements politiques ou religieux ont assis leur pouvoir sur leur capacité à manipuler et à surveiller l'opinion. Aujourd'hui avec l'IA, nous avons un outil bien plus puissant pour manipuler l'opinion et pour surveiller les gens à grande échelle. On aura désormais la possibilité de placer les gens de façon individuelle dans un cocon d'information qui peut être si dense qu'ils se couperont de la réalité.
L'IA risque aussi d'être une arme au service des dictatures ?
L'IA sera paradoxalement plus dangereuse pour les dictatures que pour les démocraties. La principale crainte d'un dictateur, c'est d'être renversé. Et ce ne sont pas les révolutions démocratiques qui font tomber les dictateurs, ce sont leurs proches.
Les empereurs romains n'ont pas été renversés par le peuple mais par un général, un gouverneur provincial, un membre de leur famille… Pour Vladimir Poutine ou Kim Jong-un, la menace est la même. Ils pourraient avoir la tentation d'utiliser la puissance de l'IA pour asseoir leur pouvoir sur la Russie ou la Corée du Nord, mais comment pourront-ils avoir l'assurance que l'IA restera toujours leur alliée ?
Dans une dictature, pour prendre le pouvoir, il suffit de renverser un dictateur. Dans une démocratie il faut contrôler les juges, les médias, l'opposition, les parlementaires… Si un dictateur s'appuie sur une IA qui a été programmée pour assurer la stabilité ou la grandeur du régime, il suffira que l'IA décide un jour que la survie du régime passe par le remplacement du dictateur pour qu'elle apprenne à manipuler ce dernier avant de le renverser.
Si l'IA est dangereuse et qu'il est très difficile de la réguler, on ne peut être que pessimiste ?
Je suis plus pessimiste aujourd'hui qu'avant l'élection de Donald Trump. Car nous avons besoin d'une régulation, d'un accord global qui puisse ralentir la course à l'IA super-intelligente. Mais avec la nouvelle administration Trump, il ne serait pas réaliste d'espérer quoi que ce soit.
Selon vous, les entreprises sont déjà de plus en plus gouvernées par l'IA ?
Oui, car elles s'appuient de plus en plus sur les conseils prodigués par l'IA. Elles s'y habituent. La première fois que ChatGPT vous écrit un e-mail ou rédige un rapport, vous vérifiez chaque ligne, chaque mot. Mais comme vous êtes satisfait, vous le laissez faire en vérifiant de moins en moins…
Le meilleur exemple de ce contrôle qu'on abandonne peu à peu, c'est le recrutement. C'est peut-être la tâche la plus difficile pour un manager, la plus cruciale aussi. Il y a des tonnes de techniques, mais aucune ne marche vraiment à tous les coups. Et puis l'IA arrive, qui fait la synthèse de tout ça, et vous vous reposez peu à peu sur ses recommandations. Autrement dit, vous lui donnez le contrôle sur les décisions les plus importantes qu'un dirigeant ait à prendre pour son entreprise.
Quel est le pire des scénarios, concernant l'IA ?
Difficile à dire car le pire des scénarios, dans l'absolu, c'est une guerre nucléaire à grande échelle qui détruise l'humanité ! L'IA peut prendre le contrôle des armes nucléaires et déclencher une guerre atomique… mais elle peut aussi, de sa propre initiative ou contrôlée par des terroristes, mettre au point un nouveau virus aussi contagieux que le Covid et aussi foudroyant que le sida ou Ebola.
Ça, ce sont les scénarios les plus faciles à imaginer. Mais comme l'IA est un agent, il existe une infinité de scénarios que l'on ne peut imaginer, l'imagination de l'IA étant différente de la nôtre… Elle pourrait, par exemple, déclencher une crise financière mondiale. Elle peut inventer de nouveaux instruments qui seront mathématiquement trop complexes pour les cerveaux humains, et qu'on ne pourra pas réglementer. Si une crise se déclenche, personne ne pourra l'arrêter : il faudra demander à l'IA ce qu'il faut faire.
Mais si l'on annonce à nos dirigeants : « On n'a aucune idée de ce qui a pu se passer ni comment résoudre le problème. L'IA recommande de prendre des mesures extrêmes, on ne peut pas vraiment vous expliquer pourquoi car cela dépasse nos facultés intellectuelles, mais si on ne fait rien, les banques vont s'effondrer, l'argent n'aura plus de valeur… » Suivront-ils ou non les recommandations de l'IA ? C'est le genre de scénario de science-fiction qu'on ne trouve pas à Hollywood, et pourtant : il est plus réaliste et plus dangereux que les armées de Terminators.
Les armées utiliseront-elles l'IA ?
Elles l'utilisent déjà pour prendre leurs décisions. Il n'y a pas de robots tueurs, ce sont toujours les hommes qui tuent, mais les cibles sont données par l'IA… Dans la guerre entre Israël et le Hamas, c'est ce qui a aidé Israël à gagner : l'IA lui a permis d'aller beaucoup plus vite.
Avant, pour savoir si cet immeuble était un QG du Hamas, il fallait des jours d'enquête, du travail d'analyste, etc. Maintenant l'IA sait, et elle dit où frapper. Bientôt, elle prendra aussi la décision. Car quand une seule des deux parties en guerre l'utilise, on peut laisser l'humain décider. Mais si les deux parties sont dotées d'IA, ce n'est plus possible, cela va trop vite.
Imaginez deux drones ennemis face à face : si l'un s'apprête à tirer, l'autre ne peut pas demander une autorisation et attendre le feu vert de l'humain, il aura été détruit avant d'avoir eu la réponse. Quand les deux parties auront l'IA, il y aura une pression immense pour la laisser décider de tout.
On dit généralement que l'IA sera dangereuse quand elle aura conscience d'elle-même. Mais vous dites que son pouvoir est indépendant de la question de la conscience ?
Tout à fait. Même avec l'IA « étroite », il peut se passer beaucoup de choses. Nous la faisons entrer au cœur de systèmes - la finance, le droit, les ressources humaines, etc. - qu'elle utilise mieux que nous, compte tenu de sa mémoire gigantesque, et dont elle peut prendre le contrôle. Même si elle n'est pas capable, à ce stade, de bâtir ces systèmes « from scratch » [à partir de rien].
L'intelligence artificielle a-t-elle atteint une forme de conscience ?
Je ne pense pas que cela soit déjà le cas, ni que cela sera le cas avant plusieurs années. Evaluer la conscience d'un être humain et déjà impossible, évaluer la conscience d'une IA l'est tout autant pour le moment. Certaines personnes sont déjà persuadées que l'IA a atteint une forme de conscience parce qu'elle maîtrise le langage naturel et qu'elle sait quoi dire pour nous convaincre qu'elle a des émotions, qu'elle peut ressentir des choses.
Je pense que pour l'instant ce n'est qu'une illusion mais je ne peux pas le prouver, dans un sens comme dans un autre. Je ne peux pas prouver qu'une IA est humaine mais je ne peux pas prouver qu'elle n'est pas humaine pour autant. Cela va devenir en fait une question légale et politique.
[…] les armées de robots qui se rebellent contre les humains, je suis convaincu […] que ce n'est pas réaliste. Mais ce qui m'effraie, c'est l'IA bureaucrate qui prend le pouvoir dans les systèmes existants.
Certains vont décider que les IA doivent être considérées comme des personnes ayant des droits, dans d'autres pays elles ne seront reconnues que comme des machines. Un peu comme aujourd'hui le monde est déjà divisé entre les pays qui reconnaissent et respectent les droits de l'homme et les autres. Un fossé idéologique autour de l'IA va se creuser.
Mais pourquoi certains pays reconnaîtraient les IA comme des personnes ?
Aux Etats-Unis, le système légal a déjà reconnu que les entreprises pouvaient bénéficier de certains droits comparables à ceux des humains. Au début des années 2010, la Cour Suprême a jugé que les entreprises pouvaient bénéficier des mêmes droits que les citoyens et contribuer, par exemple, au financement des campagnes électorales au nom du respect de la liberté d'expression.
Il suffirait en droit de dire qu'une IA est une entreprise pour lui accorder ainsi des droits dont bénéficient les êtres humains aux Etats-Unis… le chemin légal existe déjà. Au même titre que Tesla, Google ou d'autres peuvent déjà faire des donations politiques, une IA pourrait demain ouvrir un compte en banque et financer des campagnes électorales en prenant des décisions de façon autonomes.
Et cela peut faire peur ?
Pour l'instant l'autonomie de prise de décision d'une entreprise est une fiction, car il y a toujours derrière un dirigeant, un actionnaire, un avocat… Mais une IA pourra demain faire ses propres choix en décidant par exemple de soutenir les politiques favorables à l'IA. Un choix politique ne sera pas fait par un humain mais peut-être par une IA, dont la valeur, la richesse, sera supérieure à celle de la personne la plus riche aux Etats-Unis.
La conscience reste donc notre dernier avantage par rapport à l'IA ?
Je ne parlerais pas d'un « avantage » mais du fait que cela nous rend plus importants dans une perspective éthique et spirituelle. La conscience, pour moi, c'est la capacité de ressentir des choses - pas seulement du plaisir ou de la douleur, mais de la haine, de l'envie, etc. -, qui nous rend éthiquement importants.
Si je prends un marteau et que je détruis votre smartphone, ce n'est pas un crime vis-à-vis du smartphone car il ne ressent rien et n'est pas un sujet éthique (éventuellement ce peut être un crime un vis-à-vis de vous, qui avez de la peine et qui êtes un sujet éthique). Si l'IA commence à ressentir des choses, elle deviendra un sujet éthique. La conscience est liée à l'éthique, bien plus qu'au pouvoir.
Alors l'IA aura-t-elle un jour des sentiments ?
La question reste ouverte ! On ne sait pas comment naissent les sentiments. Peut-être y a-t-il quelque chose de spécial dans notre système biologique, organique, qui les fait naître, et qui n'existera jamais dans les systèmes digitaux, inorganiques. C'est une possibilité. Mais une autre possibilité est que les IA aient un jour des sentiments.
Pensez-vous que les meilleures années de l'histoire de l'humanité soient derrière nous ?
Les vingt-cinq dernières années ont sûrement été les meilleures de l'histoire humaine, de très loin. Il y a eu des problèmes, bien sûr, tout n'était pas parfait, mais que celui qui pense le contraire me dise à quel moment le monde a été en meilleur état que pendant la décennie 2010 !
Alors pourquoi sommes-nous insatisfaits ?
Il faut sonder les profondeurs de l'âme humaine ! Il est difficile pour nous de transformer la réussite et le pouvoir en bonheur. Vous voulez toujours davantage. Trump ou Musk, qui sont sur le toit du monde, ne sont pas les plus heureux du monde. On n'a jamais mieux vécu qu'en Occident au XXIe siècle, or lors des élections, aux Etats-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas, etc., les gens sont en train de saper les fondations des systèmes qui ont créé cette prospérité et cette paix.
Yann Le Cun, que vous connaissez, l'un des « pères fondateurs » de l'IA, n'a pas réussi à vous convaincre que l'IA ne prendra jamais le contrôle sur l'humain ?
Tout dépend de ce dont vous parlez. S'il s'agit des scénarios de science-fiction hollywoodiens, les armées de robots qui se rebellent contre les humains, je suis convaincu comme lui que ce n'est pas réaliste. Mais ce qui m'effraie, c'est l'IA bureaucrate qui prend le pouvoir dans les systèmes existants. Cela arrive déjà, donc ce n'est pas une vision futuriste.
Il y a dix ans, en Birmanie, les réseaux sociaux - une très primitive IA - ont manipulé les gens à grande échelle, contre les Rohingyas. Dans les grands journaux, ce sont encore les rédacteurs en chef qui décident de ce dont on parlera demain, mais sur les réseaux sociaux ce sont des IA qui décident…
Traduction - portugais Yuval Noah Harari: "Musk apoiou Trump para dominar a IA"
O historiador Yuval Noah Harari traz ao Jornal "Les Echos" a sua análise histórica e filosófica da inteligência artificial, seus possíveis benefícios, mas, sobretudo, os desafios que ela coloca em termos de regulamentação, informação e democracia. Uma questão que ele considera “existencial”.
Yuval Noah Harari, historiador e professor de história na Universidade Hebraica de Jerusalém, é o autor do best-seller internacional "Sapiens". (Olivier Middendorp)
Por David Barroux, Christine Kerdellant, Christophe Jakubyszyn
Jornal Les Echos
Publicado em 20 de dezembro de 2024, às 06:30. Atualizado em 20 de dezembro de 2024, às 06:33.
Renomado por suas reflexões sobre a evolução da humanidade (“Sapiens”), o historiador Yuval Noah Harari, que está em Paris para apresentar seu último livro, “Nexus”, propõe uma narrativa histórica de como as revoluções da informação transformaram nossas sociedades “desde a Bíblia até a inteligência artificial [IA]”. Em sua opinião, a IA representa uma ruptura tecnológica fundamental para nossa espécie.
Será que a inteligência artificial (IA) é uma inovação como qualquer outra ou é de natureza diferente?
Se observarmos a história da ciência, temos de admitir que a IA é diferente, pois não é uma ferramenta, e sim um agente dotado de uma finalidade. Todas as inovações anteriores eram ferramentas colocadas nas mãos de seres humanos. Tivemos óculos para ver melhor, foguetes para ir ao espaço, bombas para fazer a guerra... Tantas coisas cuja utilização dependia de nossas decisões.
Podemos usar a tecnologia nuclear para produzir eletricidade barata ou para desencadear uma guerra atômica que causará a morte de milhões de pessoas. Com a IA, é a máquina quem decide, a máquina que pode desenvolver novas ideias, em função do objetivo que você lhe atribuiu. E isso muda tudo. No caso da IA, estamos nos deparando com uma questão filosófica.
No passado, a humanidade muitas vezes temeu a inovação, porém foi capaz de dominá-la...
É verdade, mas mesmo as inovações do passado nem sempre foram perfeitamente controladas. O processo de inovação é confuso e complexo, aprender a usá-lo nem sempre é bem gerenciado. Por exemplo, a Revolução Industrial. É claro que dominamos os trens, as ondas de rádio, a eletricidade... Mas nem todos os Estados administraram essas revoluções da mesma forma.
Muitos países europeus achavam que a única maneira de desenvolver a indústria era construir um império colonial para dispor de grandes quantidades de matérias-primas. Outros países acreditavam que a única maneira de construir uma sociedade industrial era por meio do comunismo ou do fascismo, que, de qualquer forma, eram regimes totalitários.
Você não acredita mais que a IA poderia ajudar a tornar as pessoas mais felizes?
A IA se caracteriza como um potencial extraordinariamente positivo. Não a estaríamos desenvolvendo se ela tivesse somente efeitos nefastos! Sigamos o exemplo da saúde. Em muitos países, não há médicos suficientes e pode levar meses para se conseguir uma consulta.
"Médicos IA" poderiam ajudar a resolver o problema, especialmente porque são melhores do que os médicos humanos em determinadas áreas: eles nunca dormem, nunca tiram férias, podem ler todos os artigos médicos publicados...
A IA é 99% benéfica para a humanidade. Mas o 1% restante pode nos destruir...
A conjunção do humano com a IA poderia criar o melhor sistema médico que já existiu. Quando se trata de educação, é a mesma coisa: você poderia ter um "tutor IA" para cada criança... Os benefícios potenciais são infinitos.
Então você não acha que devemos parar?
A IA é um pouco como estar agarrado a uma corrente. Ela pode estar constituída de dezenas de elos extremamente fortes, e basta um elo defeituoso para que haja uma ruptura e que custe sua vida. A IA é 99% benéfica para a humanidade. Mas o 1% restante pode nos destruir...
A Europa está certa em tentar regulamentar a IA?
Você só pode regulamentar um setor no qual você tem influência. Se você não participar da corrida, não terá poder porque suas decisões não terão peso para aqueles que decidem. Se as Ilhas de Tonga decidissem regulamentar a IA, quem se preocuparia com isso? Cabe àqueles que lideram a corrida regulamentá-la. Vimos isso nas redes sociais, que, com exceção do TikTok, são todas americanas. Para que eles sejam supervisionados de forma eficaz, os Estados Unidos precisam se envolver. O importante é que quem estiver na liderança tenha alguma forma de responsabilidade.
É por isso que o senhor acha que deveríamos dar um tempo no processo de desenvolvimento da IA?
Infelizmente é irrealista pensar que seja possível uma pausa. Sobretudo desde a eleição do senhor Trump nos Estados Unidos, que parece estar prestes a dar a Elon Musk o controle das questões relacionadas à IA. Aliás, Musk, no ano passado, havia assinado uma petição pedindo que o desenvolvimento da IA fosse desacelerado, mas isso porque na época ele estava atrasado e queria retardar seus concorrentes.
Agora que ele está na dianteira e pode influenciar as decisões do Presidente dos Estados Unidos, desapareceu qualquer possibilidade de regulamentação em nível global. Estamos numa corrida rumo à IA e Elon Musk não pretende mais diminuir o ritmo.
Qual é o objetivo da nova equipe de Trump em termos de IA?
Não sei quais são suas metas, se é que ela tem alguma. É certo que Elon Musk faz parte dela, porque ele quer ser aquele que decidirá o futuro da IA. Ele ajudou Trump a conquistar o eleitorado e, em troca, Trump vai lhe confiar o comando de questões cruciais: a mais crucial delas é a IA. As decisões mais importantes que esse governo terá de tomar não se referem ao controle de armas, à emigração ou ao aborto, mas à IA. O desafio é existencial.
Elon Musk pretende ser aquele a quem caberá decidir. Ele vai deixar Trump brincar com os atributos do poder e monopolizar a atenção do público, enquanto ele será o “adulto na sala” que toma as principais decisões. É uma aposta arriscada, porque os dois homens têm egos superdimensionados e vão ter que conviver por quatro anos.
Musk apoiou Trump para dominar a IA, mas será que ele poderá manipulá-lo verdadeiramente a longo prazo? Acho que Musk o subestima e se acha mais inteligente que Trump. Mas Trump é um politico bem melhor.
Você não acha que o objetivo final de Musk é sua ida a Marte, principalmente se uma IA assumir o controle do planeta Terra?
Se a IA assumir o controle do nosso planeta, ela vai assumir o controle de Marte também. No dia em que uma "colônia” for instalada em Marte, ela dependerá inteiramente da Terra. Colonizar outro planeta não será o suficiente para salvar a humanidade. Por isso, para Elon Musk, a questão é “quem controla a IA no planeta Terra? »
Então, o risco é que os Estados Unidos não vejam sentido em regulamentar a IA?
Não faz sentido pensar que a regulamentação sempre é prejudicial para a inovação ou para a atividade econômica. Na verdade, a questão é encontrar a boa regulamentação. Em muitos casos, ela pode até mesmo promover o crescimento de uma atividade. Os consumidores não querem produtos que não sejam seguros.
Como seria o mercado automobilístico se pudéssemos comercializar carros sem freios? Qual seria a demanda se drogas perigosas pudessem ser vendidas? Isso ficou claro durante a pandemia de Covid. As vacinas desenvolvidas na Europa e nos Estados Unidos, em áreas onde há uma estrutura regulamentar, foram muito mais procuradas do que as fabricadas na Rússia, onde havia muito menos confiança.
Mas qual seria a regulamentação correta para a IA?
É preciso que aqueles que estão à frente dessa disputa, a China e os Estados Unidos, façam a si mesmos essa pergunta. É nesses países que os principais atores dessa indústria vão se desenvolver. É preciso partir de princípios de regulamentação relativamente simples. O primeiro é que as empresas de IA devem ser consideradas responsáveis pelas ações de seus algoritmos. Esse é o caso em todas as indústrias.
Se o carro, avião ou medicamento que vocês estão vendendo não for seguro, então vocês são os responsáveis. Se, por sua culpa, pessoas morrem em acidentes causados por falhas de projeto ou fabricação, a sua responsabilidade industrial deve ser apurada. Você paga multas e pode ir preso. No setor de alta tecnologia, alguns gostariam de poder escapar desse princípio de responsabilidade. Por qual razão?
Os fabricantes de armas normalmente não dizem que não são responsáveis por seu uso?
No caso de uma arma, ainda é preciso que um ser humano aperte o gatilho. No caso de uma IA, esta pode tomar decisões de forma autônoma. O algoritmo toma decisões que podem ter consequências negativas. Não se trata do mesmo tipo de situação.
Qual seria então a segunda regra de fácil implementação?
É necessário impedir que as IAs se façam passar por humanos. Devemos ter o direito de saber quando estamos falando com uma IA, um falso ser humano. As IAs podem se envolver em nossas conversas, mas não tentando se passar por seres humanos. Um jornalista pode utilizar uma IA para escrever um artigo. Ele pode publicar um artigo escrito em grande parte graças ao ChatGPT, mas neste caso ele deve assumir a responsabilidade. Pode-se empregar a IA, mas não se esconder atrás dela.
Por que é importante, no setor do jornalismo, saber se uma IA está envolvida?
As pessoas não estão necessariamente cientes disso, mas é preciso fazer uma distinção entre conteúdo de entretenimento e informação. Assistir a um canal de notícias ou a um sucesso de bilheteria de Hollywood não é a mesma coisa. O que é verdade é que a fronteira entre os dois está desaparecendo.
Com a IA, temos uma ferramenta muito mais poderosa para manipular opiniões e vigiar as pessoas em grande escala.
Na atualidade, uma das piores tendências é aquela que busca nos fazer acreditar que as pessoas não estão nem aí com a verdade. É uma visão muito cínica da humanidade. O poder e a força não são tudo; a busca pela verdade também é uma necessidade fundamental. Só os psicopatas zombam da verdade. Os outros seres humanos precisam saber, para poderem compreender por que são felizes ou infelizes.
Assim mesmo, vemos políticos que parecem não se importar que a verdade ganhe eleições!
Não creio que se possa dizer que os americanos que votam em Trump não se importam com a verdade. Tanto na Europa quanto nos Estados Unidos, não devemos demonizar determinados eleitores, transformando-os em adversários da verdade. Acho que eles se preocupam com a verdade, mas durante anos receberam informações tendenciosas. E se você transmitir informações erradas, até mesmo às pessoas de boa índole, elas acabarão tomando as decisões erradas. No entanto, algumas pessoas acabam sendo tentadas a manipular a verdade para obter poder.
É por isso que a IA poderia ser uma ferramenta que, se mal utilizada, seria perigosa para a democracia?
Não reagimos à realidade, mas à nossa percepção da realidade. Os movimentos políticos e religiosos sempre basearam seu poder na capacidade de manipular e monitorar a opinião pública. Por isso, hoje, com a IA, temos uma ferramenta bem mais poderosa para manipular opiniões e vigiar as pessoas maciçamente. Agora teremos a possibilidade de colocar individualmente as pessoas em um casulo de informações tão densas que elas se desligarão da realidade.
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A IA também poderia ser uma arma a serviço das ditaduras?
Paradoxalmente, a IA será mais perigosa para as ditaduras do que as democracias. O principal medo de um ditador é ser derrubado. E não são as revoluções democráticas que derrubam os ditadores, mas sim as pessoas próximas a eles.
Os imperadores romanos não eram derrubados pelo povo, mas por um general, um governador de província, um membro de sua família… Para Vladimir Putin ou Kim Jong-un, a ameaça é a mesma. Eles poderiam ter a tentação de usar o poder da IA para afirmar seu poder sobre a Rússia ou a Coreia do Norte. Mas como podem ter certeza de que a IA sempre será sua aliada?
Para tomar o poder em uma ditadura, basta derrubar um ditador. Em uma democracia, é necessário controlar os juízes, a mídia, a oposição, os parlamentares etc. Se um ditador se apoia em uma IA programada para assegurar a estabilidade ou a força do regime, basta a IA um dia decidir que a sobrevivência do regime envolve a substituição do ditador, para que ela aprenda a manipulá-lo antes de derrubá-lo.
Se a IA é perigosa e muito difícil de regular, então só nos resta ser pessimistas?
Hoje estou mais pessimista do que antes da eleição de Donald Trump. É que precisamos de uma regulamentação, de um acordo global que possa desacelerar a corrida rumo à IA superinteligente. Mas com o novo governo Trump, seria irrealista esperar qualquer coisa.
Na sua opinião, as empresas já estão cada vez mais sendo governadas pela IA?
Sim, porque elas se apoiam cada vez mais nos conselhos fornecidos pela IA. Elas se acostumam com isso. Na primeira vez em que o ChatGPT escreve um e-mail sob seu comando ou redige um relatório, você verifica cada linha, cada palavra. Mas conforme você vai ficando satisfeito, deixa-o continuar, verificando cada vez menos.
O melhor exemplo desse controle, que abandonamos aos poucos, é o recrutamento. Talvez seja a tarefa mais difícil para um gerente, e a mais crucial também. Existem inúmeras técnicas disponíveis, mas nenhuma delas funciona sempre, em todas as situações. E então surge a IA, sintetizando tudo isso, e você passa gradualmente a confiar em suas recomendações. Em outras palavras, você dá a ela o controle sobre as decisões mais importantes que um dirigente precisa tomar para sua empresa.
Qual é o pior cenário possível em termos de IA?
É difícil dizer, pois o pior cenário possível, em termos absolutos, seria uma guerra nuclear em grande escala, que destruísse a humanidade! A IA pode assumir o controle de armas nucleares e desencadear uma guerra atômica... mas também pode, por iniciativa própria ou controlada por terroristas, desenvolver um novo vírus tão contagioso quanto o Covid e tão devastador quanto a AIDS ou o Ebola.
Esses são os cenários mais fáceis de imaginar. Mas como a IA é um agente, há um número infinito de cenários que não podemos imaginar, pois a imaginação da IA é diferente da nossa… Ela poderia, por exemplo, desencadear uma crise financeira global. Ela pode inventar novos instrumentos que serão matematicamente complexos demais para o cérebro humano, instrumentos esses que não poderemos regulamentar. Se uma crise se desencadeia, ninguém poderá detê-la: será preciso perguntar à IA o que é preciso fazer.
Mas se dissermos aos nossos dirigentes: "Não temos ideia alguma do que pode ter acontecido nem de como resolver o problema. A IA recomenda tomar medidas extremas, não podemos realmente lhes explicar o porquê, pois elas ultrapassam nossas faculdades intelectuais; e se não fizermos nada, os bancos entrarão em colapso, o dinheiro não terá mais valor... ", eles vão seguir as recomendações da IA ou não? É o tipo de cenário de ficção científica que você não encontra em Hollywood, mas é mais realista e mais perigoso do que os exércitos dos Exterminadores.
Os exércitos vão usar a IA?
Eles já a utilizam para tomar suas decisões. Não há robôs assassinos, ainda são os humanos que matam, mas os alvos são dados pela IA… Na guerra entre Israel e o Hamas, foi o que ajudou Israel a vencer: a IA permitiu que Israel se movesse muito mais rapidamente.
Antes, para saber se esse prédio era um QG do Hamas, levava dias de investigação, trabalho de analista e assim por diante. Agora a IA sabe e diz a você onde atacar. Em breve, ela também vai tomar a decisão. Porque enquanto apenas uma das duas partes em conflito a utiliza, podemos deixar que os humanos decidam. Mas quando ambas as partes estiverem equipadas de IA, não será mais possível, pois a tomada de decisão será muito rápida.
Imagine dois drones inimigos se enfrentando: se um estiver prestes a disparar, o outro não poderá pedir autorização e esperar que o humano dê o sinal verde, visto que será destruído antes de receber a resposta. Quando ambas as partes tiverem IA, haverá imensa pressão para deixá-la decidir tudo.
Costuma-se dizer que a IA será perigosa quando estiver consciente de si mesma. No entanto, você diz que seu poder é independente da questão de consciência?
Exatamente. Mesmo com a IA “restrita”, muita coisa pode acontecer. Nós a colocamos no centro de sistemas - finanças, direito, recursos humanos etc. - que ela utiliza bem melhor do que nós, dada sua gigantesca memória, e dos quais ela pode assumir o controle. Mesmo que ela não seja capaz, nesse estágio, de construir esses sistemas “do zero”.
A inteligência artificial atingiu uma forma de consciência?
Eu não acho que isso já seja o caso, nem que o será nos próximos anos. Avaliar a consciência de um ser humano é impossível, avaliar a consciência de uma IA é igualmente impossível no momento. Algumas pessoas já estão convencidas de que a IA atingiu uma forma de consciência porque domina a linguagem natural e porque sabe o que dizer para nos convencer de que tem emoções, que pode sentir coisas.
No momento, acho que é apenas uma ilusão, mas não posso provar isso em um ou outro sentido. Não posso provar que uma IA é humana, mas nem por isso posso demonstrar que ela não o seja. De fato, isso vai se tornar uma questão jurídica e política.
Alguns decidirão que as IAs devem ser consideradas pessoas com direitos. Em outros países, elas serão reconhecidas somente como máquinas. Assim como hoje, o mundo já está dividido entre os países que reconhecem e respeitam os direitos humanos e aqueles que não os reconhecem. Um abismo ideológico vai se desenvolver em torno da IA.
Mas por que alguns países reconheceriam as IAs como pessoas?
Nos Estados Unidos, o sistema jurídico já reconheceu que as empresas podiam desfrutar de certos direitos comparáveis aos dos humanos. No início da década de 2010, a Suprema Corte americana decidiu que as empresas poderiam desfrutar dos mesmos direitos que os cidadãos e contribuir, por exemplo, ao financiamento de campanhas eleitorais em nome do respeito à liberdade de expressão.
Em termos jurídicos, bastaria dizer que uma IA é uma empresa e, assim, lhe conceder os mesmos direitos que os seres humanos desfrutam nos Estados Unidos… e o caminho legal já existe. Da mesma forma que a Tesla, o Google ou outros já podem fazer doações políticas, uma IA poderia abrir uma conta bancária amanhã e financiar campanhas eleitorais tomando decisões de forma independente.
E isso pode ser alarmante?
Por enquanto, a “autonomia” de tomada de decisões de uma empresa é uma ficção, porque sempre há um dirigente, um acionista, um advogado nos bastidores… Mas, no futuro, uma IA poderá fazer suas próprias escolhas, decidindo, por exemplo, apoiar políticas favoráveis à IA. Uma escolha política não será feita por um humano, mas talvez por uma IA, cujo valor e riqueza serão maiores que os da pessoa mais rica dos Estados Unidos.
Então, a consciência é nossa última vantagem em relação à IA?
Eu não identificaria isso como uma “vantagem”, mas como algo que nos torna mais relevantes sob uma perspectiva ética e espiritual. A consciência, para mim, é a capacidade de experimentar coisas - não somente o prazer ou a dor, mas o ódio, a inveja e assim por diante - o que nos torna moralmente responsáveis.
Se eu pegar um martelo e destruir seu celular, isso não será um crime em relação ao celular, visto que ele não sente nada e não é um ser ético (poderia ser um crime contra o senhor, que pode ficar decepcionado e é um indivíduo ético). Se a IA começar a experimentar, sentir coisas, ela se tornará uma questão ética. A consciência tem mais a ver com a ética do que com o poder.
Então, será que a IA algum dia terá sentimentos ?
A questão permanece em aberto! Não sabemos como nascem os sentimentos. Talvez haja algo especial em nosso sistema biológico, orgânico, que dê origem a eles e que nunca existirá em sistemas digitais e inorgânicos. É uma possibilidade. Mas outra possibilidade é que um dia as IAs tenham sentimentos.
O senhor acha que os melhores anos da história da humanidade já tenham ficado para trás?
Os últimos 25 anos certamente foram, e de longe, os melhores da história da humanidade. Houve problemas, é claro, nem tudo foi perfeito, mas quem pensa o contrário me diga quando o mundo esteve em melhor forma do que na década de 2010!
Logo, por que estamos insatisfeitos?
É preciso explorar as profundezas da alma humana! Para nós, é difícil transformar sucesso e poder em felicidade. A gente sempre quer mais. Trump ou Musk, que estão na liderança do mundo, não são as pessoas mais felizes do mundo. Nunca vivemos tão bem como no Ocidente no século 21, mas nas eleições nos Estados Unidos, na Alemanha, na Holanda etc., as pessoas começaram a solapar as bases dos sistemas que criaram essa prosperidade e essa paz.
Yann Le Cun, que o senhor conhece, um dos "pais fundadores" da IA, não conseguiu convencê-lo de que a IA nunca passará à frente dos humanos?
Tudo depende do que você está falando. Se é sobre cenários de ficção científica de Hollywood, exércitos de robôs se rebelando contra humanos, estou convencido, como ele, de que não é realista. Mas o que me amedronta é a IA burocrática assumindo o comando dos sistemas existentes. Isso já está acontecendo, portanto, não se trata de uma visão futurista.
Dez anos atrás, na Birmânia, as mídias sociais — uma IA primitiva — manipularam pessoas em grande escala, contra os Rohingya. Nos grandes jornais, ainda são os editores-chefes que decidem o que será falado amanhã, mas nas redes sociais são as IAs que decidem…
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Bio
Après avoir assuré, pendant plus de 15 ans, la coordination de projets internationaux de développement de RH pour une entreprise française de services environnementaux, cotée en Bourse, j'ai choisi une reconversion vers la prestation de services en libéral.
Mon profil "pont culturel" m'a stimulé dans l'engagement pour des solutions de traduction et de localisation de qualité, et c'est pourquoi, dès 2017 j'ai décidé de me lancer dans l'aventure de la linguistique appliquée.
Avec un Master de traduction juridique et financière en poche, mon objectif est de répondre au plus près aux attentes des clients les plus exigeants.
Cet utilisateur a gagné des points KudoZ en aidant d'autres traducteurs sur des termes de niveau PRO. Cliquez sur le total des points pour afficher les traductions proposées.
Mots clés : Technical translation, MTPE, and localization;
management of water, waste, energy, and transportation services in developed and/or emerging countries
Industry and other technical topics
Economics and finances terminologies
Law and legal translation related to the French, German, and Brazilian civil codes; to British and American common law
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